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31 mai 2026 7 31 /05 /mai /2026 19:02

 

"Nietzsche et le problème Socrate" de Christian Savés, politologue de formation né en 1961, est un livre salutaire et hautement philosophique car il met le doigt sur un antagonisme fondamental à l'origine d'une fracture civilisationnelle dont nous sommes les héritiers. Nietzsche est connu pour son opposition au christianisme et sa fameuse formule sur la mort de Dieu "Dieu est mort" dans "Le Gai Savoir" mais il est moins connu pour son opposition radicale à Socrate, père de la philosophie occidentale. Le livre de Christian Savés vient réparer cette erreur et met en lumière cet antagonisme. Nietzsche en généalogiste de la morale dénonce Socrate comme fossoyeur de la culture hellénique et de son esprit tragique. Le philosophe athénien est jugé décadent et nihiliste en raison de son invention de la philosophie morale, instigateur d'une morale fondée sur le savoir et non plus les dieux. Le bonheur avec Socrate n'est plus dans les valeurs héroïques à l'image des dieux mais dans la connaissance rationnelle. Nietzsche y voit le triomphe de l'homme théorique sur l'homme tragique, la vengeance du plébéien sur l'aristocrate. Christian Savès le souligne à juste titre en écrivant : "Le maître grec [Socrate] est nihiliste car il troque les valeurs héroïques contre les valeurs serviles." Nietzsche expose sa thèse dans "Le Crépuscule des idoles" dans un chapitre intitulé "Le problème Socrate" et souligne "qu'avec la dialectique le peuple arrive à avoir le dessus." Le socratisme fera le lit du christianisme, tous les deux des nihilismes, la vie est une maladie, la mort une délivrance. Nietzsche s'inscrit en faux contre cette culture de mort. Il est l'anti-Socrate, bien plus qu'un nouveau Socrate comme l'écrit à tort Christian Savés avec qui je diverge sur ce point. Tout comme il n'y a pas d'aporie mais bien un antagonisme et un duel philosophique. La philosophie de Nietzsche n'est pas une philosophie du ressentiment contre Socrate mais une Transmutation des valeurs pour remettre à l'endroit ce que Socrate et le christianisme ont mis à l'envers, remettre à l'endroit la culture du beau et de la force, une sagesse Hyperboréenne incarnée par Apollon et Dionysos, l'art de la tragédie porteuse de valeurs héroïques. 

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21 octobre 2024 1 21 /10 /octobre /2024 17:16

Tragédie étymologiquement veut dire chant du bouc, animal que l’on sacrifiait au dieu Dionysos avant chaque représentation dans la Grèce antique. Bruno Favrit, écrivain de sensibilité païenne, sacrifie doublement au dieu en publiant une tragédie intitulée Dionysos, irrésistible et insensé aux éditions du 26 octobre. Dionysos est un dieu incontournable pour comprendre la psyché profonde des Grecs anciens en particulier et des bons Européens en général. Favrit connaît ses classiques et en bon nietzschéen a lu La Naissance de la tragédie de Nietzsche. Il le souligne dans des propos liminaires : « Le seul penseur à avoir entrevu l’essentielle utilité du dieu sera Frédéric Nietzsche. (…) Nietzsche a bien compris à quoi encourage le dieu : à briser les carcans qui empêchent d’accéder à la connaissance de son moi profond et de tout ce qu’il peut exprimer. » Dionysos, dieu de la vigne et dieu conquérant, s’accorde mal avec l’image d’une civilisation apollinienne faite de clarté et d’ordre. Et pourtant comme l’a démontré Nietzsche et l’expose Favrit dans sa pièce, Dionysos est la folie consubstantielle à la vitalité grecque. La pièce, dans un savant mélange d’érudition et de dialogues vivants, met en scène Dionysos lui-même, le devin Tirésias, Até, la fille d’Héra qui porte la contradiction, le chœur des Bacchantes mais aussi à la fin de la pièce une cohorte d’écrivains et même Nietzsche pour parler du dieu de l’ivresse. L’ivresse est une des formes de la mania grecque, un viatique vers une sagesse supérieure qui délivre des rigueurs de la raison dégénérée en ratiocination sclérosante. Cela rejoint le concept de « grande santé » de Nietzsche, ce que rappelle Bruno Favrit quand dans la pièce il prête à Dionysos ces propos : « Un autre nom qui m’est donné est celui d’Hugiatès, « dispensateur de santé ». » La grande santé commande de dire oui à la vie dans sa complexité faite de pulsions et d’instincts sauvages. C’est pourquoi la pièce s’intitule Dionysos, irrésistible et insensé, car Dionysos est une affirmation de soi et de liberté pour devenir ce que l’on est et non pas ce que l’on doit être, un message hautement philosophique qui fait écho au « Deviens ce que tu es » de Pindare et Nietzsche et plus que jamais d’actualité en ces temps de confusion où l’Européen ne sait plus qui il est. On lira donc avec le plus grand intérêt la pièce de Bruno Favrit pour devenir ce que l’on est et vivre en bon Européen en grande santé. Evohé !

 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 13:04

Face aux mystifications dont fait l'objet Nietzsche, gauchiste et chrétienne, je me dois de souligner le caractère Hyperboréen de Nietzsche là où d'aucuns voudraient qu'il fût un hédoniste ou un chrétien manqué. J'ai écrit l'essai "Nietzsche Hyperboréen ou l'école du Surhomme" à cette fin, pour mettre en exergue la dimension Hyperboréenne de la philosophie nietzschéenne. Nietzsche veut faire de nous des dieux à l'image d'Apollon et Dionysos. C'est pourquoi la philosophie nietzschéenne par ailleurs sera toujours destinée à une élite. Dans "La Naissance de la tragédie" Nietzsche a mis en lumière l'importance du tandem Apollon Dionysos dans la psyché européenne et du moteur prométhéen de l'homme européen dans sa vocation à devenir un dieu. C'est en lisant Epicure, la lettre à Ménécée en particulier, que j'ai eu la confirmation de cette vocation prométhéenne de la philosophie nietzschéenne. Epicure parle des dieux en les désignant sous l'appellation de Bienheureux. Nietzsche, en bon philologue classique, y fait référence dans "Ainsi parlait Zarathoustra" quand il évoque son île des Bienheureux où séjournera ses enfants à venir i.e. le Surhomme. Il faut ainsi comprendre en filigrane que l'intention de Nietzsche est que l'homme, qui est quelque chose qui doit être dépassé, devienne un dieu "épicurien", un Surhomme, un Bienheureux, un dieu indifférent au malheur des hommes, vivant dans la félicité de sa perfection et de sa puissance. Du reste Hésiode, Hérodote et Diodore de Sicile qualifient les Hyperboréens de Bienheureux. Si dieu est mort comme l'annonce Nietzsche à travers la figure de l'insensé dans "Le Gai Savoir" ce n'est pas pour s'en plaindre et retourner au christianisme mais bien pour inviter les hommes à se dépasser et devenir des dieux : "Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux pour du moins paraître dignes des dieux ? " Que celui qui a des oreilles entende et manie le marteau du philosophe prométhéen pour sculpter sa vie et devenir un Hyperboréen.

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 16:46

Nietzsche n’est jamais allé en Corse et pourtant l’île de beauté tient une place importante dans l’œuvre de Nietzsche. C’est tout le mérite du livre passionnant de Thierry Ottaviani "Nietzsche et la Corse" aux éditions Maïa de mettre en lumière ce tropisme corse méconnu du philosophe. Nietzsche projetait d’écrire « La Volonté de Puissance » en Corse en raison des vertus viriles prêtées aux insulaires incarnées dans la figure du bandit d’honneur et la vendetta. Dans ses fragments, notes écrites concomitantes à l’écriture de son œuvre, Nietzsche écrit « comme en Corse » au sujet de la communauté d’hommes supérieurs décrits dans la quatrième partie d’« Ainsi parlait Zarathoustra ».  Nietzsche cherche chez les Corses l’idéal surhumain qu’il a entrevu chez Napoléon, le triomphe du type guerrier, fier et viril. Malheureusement Nietzsche de santé fragile, ne mènera pas à bien son projet de déplacement en Corse. Il n’en demeure pas moins que la Corse reste pour Nietzsche une île bienheureuse à l’instar des îles décrites dans « Ainsi parlait Zarathoustra », un idéal terrestre, matrice et laboratoire possible du Surhomme.

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 00:00

Nietzsche s'est rendu à cinq reprises à Venise de 1880 à 1887. C'est l'objet d'études du livre fort intéressant "Nietzsche et Venise" de Paul-Eric Blanrue aux éditions Fiat Lux. Plus qu'un livre comme le précise le sous-titre c'est un guide initiatique, initiation à un certain esprit européen cher à Nietzsche, loin du tourisme de masse, renouant avec l'esprit aristocratique, celui du beau et du vrai. Depuis sa démission de l'université de Bâle en 1879, Nietzsche voyage en Europe en quête de grande santé et d'un climat propice à l'élaboration de son oeuvre surhumaine. Venise fait partie des "îles bienheureuses" où Nietzsche a aimé se ressourcer et créer. "Aurore" intitulé dans un premier temps "L'Ombre de Venise" a été dicté à Venise. Les épreuves de la quatrième partie d'"Ainsi parlait Zarathoustra" ont été corrigées à Venise. Si "Nietzsche et Venise" se lit comme un guide pratique avec plein de détails géographiques qui plairont aux touristes éclairés, il regorge par ailleurs d'anecdotes biographiques qui plairont également aux nietzschéens avertis, comme de savoir que Nietzsche a comparé les galeries de la place Saint-Marc aux portiques d'Ephèse où le philosophe présocratique Héraclite conversait avec ses élèves, renouant ainsi avec cette comparaison avec le fil de la vraie tradition européenne.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 20:05

"Nous approuvons la doctrine de Zarathoustra, selon laquelle l'homme doit être dépassé par le surhomme. Nous n'y voyons pas une exigence morale, mais une nécessité historique. Le stade suivant sera le nécessaire dépassement du surhomme : il se brisera sur l'humain, qui tirera de cette rencontre une puissance supérieure."

 

Ernst Jünger, "Héliopolis"

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 21:18
Conversation avec l'éclair

"Conversation avec l'éclair" est un pamphlet nietzschéen. Je l'ai écrit pour mes frères en Nietzsche, solitaires et fiers comme l'aigle, en lutte avec le parc humain. C'est un écrit de combat pour sauver l'âme européenne du néant moderne.

"Où donc est l'éclair qui vous lèchera de sa langue ?" a écrit Nietzsche dans "Ainsi parlait Zarathoustra". Mais entre vos mains... Conversation avec l'éclair.

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 13:33
Fort à faire

"Plus tard, j'ai été réveillé par une volée de vociférations au milieu desquelles perçait cette phrase sensée : "La fatigue est le chemin le plus court vers l'égalité et la fraternité..." (C'est plus tard, tandis que je rédigerai ces lignes que je ferai la connexion avec Le Voyageur et son ombre. Je suppose que l'esprit de Nietzsche éducateur avait pénétré le subconscient de Mat pour rejaillir cette nuit-là en étincelantes flammèches.)"

Bruno Favrit, "Fort à faire", éditions Auda Isarn.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 20:22
Ceux d'en haut

"- Je sais ce que tu es, lui dit-elle. J'en ai reçu en quelque sorte la révélation cette nuit.
- Méfions-nous des raccourcis et des jugements hâtifs. Tu ne me vois pas comme je suis en réalité. Il y a ces traits de caractère que chacun porte mais dissimule puisqu'ils ne peuvent jamais être à son avantage.
- Laisse-moi terminer. Je t'ai vu évoluer en ma présence, ces quelques jours après avoir lu ton oeuvre. Ta vie est en adéquation avec elle.
- Voilà que tu cherches à m'étiqueter ! Mais je n'ai rien d'un surhomme, je suis même malade, sais-tu ; le contact de mes semblables me fragilise considérablement.
- Oui, tu es malade de leur médiocrité.
- Admettons que tu aies raison, il faudra le garder pour toi. Car la vie n'a pas d'école et ses partisans se sont tus. Ceux qui ne la conçoivent pas comme volonté de puissance sont plus nombreux que jamais. Oui, il y a une réelle aversion face à ce qui pourrait élever l'homme. Ce à quoi se vouent les Vilrac, qui ne supportent pas qu'au sein d'une communauté, des castes se dessinent tout naturellement, malades/bien portants, exploitants/exploités. Tout part de la volonté ou de la non volonté d'être. Une vérité aveuglante mais qu'un élément du commun ne peut évidemment admettre. La perspective de vivre et de mourir comme un homme ordinaire, c'est ce qu'Epictète t'invite à rejeter. Mais tu n'en fais pas forcément le choix. Cette perspective est ou n'est pas en toi. Et l'éducation n'y rentre que pour une faible part. Ah ! Ce ne sont que des mots ! ponctua-t-il. Et qui ne mènent à rien. Nous manquons de motifs d'action, voilà tout.(...)"

Bruno Favrit, extrait de "La voie hérakléenne" in "Ceux d'en haut", recueil de nouvelles aux éditions Auda Isarn, 2007

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 16:08
Une philosophie de la hauteur

"Celui qui plane sur les plus hautes montagnes se rit de toutes les tragédies de la scène et de la vie."

Nietzsche, "Ainsi parlait Zarathoustra" - Lire et écrire

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  • : Académie de philosophie nietzschéenne animée par Olivier Meyer, poète écrivain et philosophe
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