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19 octobre 2024 6 19 /10 /octobre /2024 19:06

L’essai Le Chevalier, la Mort et le Diable de Jean Cau est publié en 1977. Cela fait vingt ans qu’il n’est plus le secrétaire de Jean-Paul Sartre et qu’il chemine vers son indépendance d’esprit tel un chevalier à cheval sur sa liberté. Il s’est éloigné de la gauche en particulier depuis les « évènements » d’Algérie. Dans un article publié le 24 août 1961 dans L’Express intitulé « L’amour des Arabes », Jean Cau critique les intellectuels de gauche militant pour l’indépendance de l’Algérie. Comme le soulignent Ludovic Marino et Louis Michaud, auteurs de la biographie Jean Cau, l’indocile, Jean Cau devient dès lors un apostat (de la gauche). La rupture sera consommée en 1965 avec un article publié dans Le Nouvel Observateur intitulé « Les Allemands sont des Allemands » où il dédouane les Allemands de la culpabilité du nazisme en faisant le parallèle avec les Français et la guerre d’Algérie. Jean Cau par ses prises de position devient tout en s’en défendant de droite. Mai 1968 achèvera de le faire basculer à droite en écrivant en réaction aux évènements un pamphlet intitulé Le pape est mort aux éditions de La Table ronde. Jean Cau devient généalogiste de la décadence et enchaîne les pamphlets comme en 1969 avec L’Agonie de la vieille et en 1973 avec Les Ecuries de l’Occident. C’est au terme de ce « cycle de la décadence » selon la formule de Ludovic Marino et Louis Michaud que Jean Cau écrit Le Chevalier, la Mort et le Diable en 1977. C’est un livre à part dans la mesure où il n’est pas un exercice de négation mais un livre positif qui propose une voie, une morale aristocratique, celle du Chevalier de Dürer. Jean Cau se livre à un exercice de méditation à partir de la gravure éponyme de l’artiste allemand de la Renaissance Albrecht Dürer, « méditation superbe » écrira Maurice Druon. Jean Cau amateur d’art possédait dans son appartement parisien rue de Seine de nombreuses œuvres d’art dont une copie de la gravure de Dürer Le Chevalier, la Mort et le Diable. Le choix de cette œuvre par Jean Cau n’est sans doute pas le fruit du hasard sachant que Jean Cau était nietzschéen (il appelait Nietzsche « son ami ») et que Nietzsche dans La Naissance de la tragédie décrit la gravure de Dürer comme le symbole des esprits solitaires en quête de vérité à l’image du philosophe Schopenhauer :

« Un esprit qui se sent ici isolé, désespérément solitaire, ne se saurait choisir de meilleur symbole que le Chevalier accompagné de la Mort et du Diable, tel que nous l’a dessiné Dürer, le Chevalier couvert de son armure, à l’œil dur, au regard assuré, qui, seul avec son cheval et son chien, poursuit impassiblement son chemin d’épouvante, sans souci de ses horribles compagnons et pourtant sans espoir. Notre Schopenhauer fut ce Chevalier de Dürer : il lui manquait toute espérance, mais il voulait la vérité. Son pareil n’existe pas. »

Jean Cau étant lui-même un esprit libre en quête de vérité, il se reconnaît naturellement dans cette figure du Chevalier :

« De lui à moi se reconstituent sans effort les chaînons et il vient jusqu’à mon seuil après un voyage à travers siècles et histoire. Aucun étonnement. Je le reconnais. J’ai été lui. »

Jean Cau cherche à percer le mystère du Chevalier de Dürer et son sourire énigmatique narguant la Mort et le Diable. Il y voit le triomphe du héros qui va de l’avant, qui méprise le danger et invite par son exemple à la grandeur. Jean Cau en tire une morale aristocratique :

« Voilà l’unique devoir du chevalier. Toujours, en soi et hors de soi, affirmer l’exemple. »

Cet exemple conduit dans la forêt germanique où se dirige le Chevalier de Dürer et l’on sait depuis Tacite qu’elle abrite le culte secret des anciens dieux des Germains. Le Chevalier de Dürer pourrait bien être un chevalier païen ce que laisse entendre Jean Cau quand il le compare à un dieu :

 « Mais, moi, j’ai vu le chevalier sourire, tel un dieu inconstant, car il savait combien sa force déciderait de la vérité ou des mensonges. La cause sera juste selon sa brusque humeur. »

Ce culte de la force qui façonne la vérité et les mensonges, le bien et le mal est un écho évident de la philosophie de Nietzsche développée dans La Généalogie de la morale. La morale du Chevalier de Dürer vue par Jean Cau est une morale nietzschéenne, une morale de maître qui défie même la Mort car la figure du Chevalier dans l’imaginaire européen est un idéal, un rêve contre lequel la Mort ne peut rien :

« J’ai été rêvé et tu ne peux rien contre le rêve des hommes. »

D’aucuns pourraient estimer que cette rêverie est vaporeuse et est le propre, pour reprendre le titre d’un roman de Pierre Drieu La Rochelle, de la « rêveuse bourgeoisie » mais il n’en est rien. Non seulement Jean Cau était un fils de prolétaires et n’a eu de cesse de dénoncer la morale bourgeoise mais son essai a vocation à inspirer l’action à l’image de la mort volontaire de l’historien Dominique Venner à Notre-Dame-de-Paris en 2013 pensée comme un acte de résistance à la décadence, Venner citant l’essai de Jean Cau dans son livre testament Un Samouraï d’Occident avec en couverture la gravure de Dürer.

Moralité, il faut lire Le Chevalier, la Mort et le Diable parce que pour citer Jean Cau « Tu as ce choix, ici, dans cette vie, d’être unique ou commun. »

Olivier Meyer, poète écrivain, animateur de la Nietzsche Académie, auteur du "Roi Veneur" et de "Chlowig le dernier païen"

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 20:37

"L'éternel retour" de Dodi El Sherbini est une claque nietzschéenne qui sonne comme un impératif moral : "Parle-moi d'éternel retour"... l'éternel retour est la pierre de touche du surhomme. Que vive le surhomme qui danse au son de l'éternel retour !

« Comment ? était-ce là la vie ? Allons ! Recommençons encore une fois ! » - Nietzsche, "Ainsi parlait Zarathoustra" - De la vision et de l'énigme §1

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 20:11

Bataille.jpg"Nietzsche s'adressait à des esprits libres, incapables de se laisser utiliser."

 

Georges Bataille, "Acéphale", n°2, 1937. 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 19:27

Gide.jpg"Et ce que j'aime surtout en Nietzsche, c'est sa haine de la fiction."

André Gide in "Journal. Une anthologie", Paris, Gallimard (Folio), 1951.

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 22:25

carla-bruniCarla Bruni n'est pas qu'une belle plante, la preuve, elle cite Nietzsche devant Nicolas Sarkozy qui malheureusement ne l'a pas suivie dans cette philosophie qui lui eût valu à n'en point douter la victoire et la sympathie des Français avides d'un redressement aristocratique. A bon entendeur pour 2017, la victoire passera par une révolution nietzschéenne des valeurs, une révolution par le haut, du courage, des réformes, du grand art.

 

"Un jour, elle [Carla Bruni] cite Nietzsche devant le président : "Aujourd'hui le moi est dans le troupeau. Demain le troupeau sera dans le moi." Et elle insiste : "Pourquoi tu ne cites pas Nietzsche ?" Nicolas Sarkozy répond : "Tu me vois parler de troupeau ? Tu imagines les commentaires ?" ".

 

(Source de la citation : "Maquillages : les politiques sans fard" de Christophe Barbier, éditions Grasset.)

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 19:12

Céline image"Ce curieux livre [Les Beaux Draps], où l'antisémitisme, quoique présent, est assez estompé, délivrait cette fois un message furibard à l'encontre de la prédication chrétienne, ultime recours du régime de Vichy qu'il méprisait : "Propagée aux races viriles, aux races aryennes détestées, la religion de "Pierre et Paul" fit admirablement son oeuvre, elle décatit en mandigots, en sous-hommes dès le berceau, les peuples soumis, les hordes enivrées de littérature christique, lancées éperdues imbéciles, à la conquête du Saint Suaire, des hosties magiques, délaissant à jamais leurs Dieux de sang, leurs Dieux de race... Ainsi la triste vérité, l'aryen n'a jamais su aimer, aduler que le dieu des autres, jamais eu de religion propre, de religion blanche... Ce qu'il adore, son coeur, sa foi, lui furent fournis de toutes pièces par ses pires ennemis..." Dans un langage différent, Nietzsche n'avait pas dit autre chose." 

 

un-samourai-d-occident.jpgDominique Venner in Un samouraï d'Occident, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 20:23

hitler-nietzschebustL’historien Ernst Nolte avance qu’Hitler n’a jamais été à la hauteur de l’archétype spirituel de Nietzsche, position relevée par le philosophe Domenico Losurdo dans un article de la revue Noésis link:

«Avec plusieurs dizaines d’années d’avance, Nietzsche a fourni à l’antimarxisme politique radical du fascisme son archétype spirituel, et on peut dire que Hitler lui-même n’a jamais été tout à fait au niveau de cet archétype ». 

Cette thèse est corroborée par la réponse d’Ernst Nolte au questionnaire de la Nietzsche académie où l’historien mettait en exergue l’importance d’un passage d’Ecce Homo sur  Le parti de la vie de Nietzsche qui fait l’apologie de l’extermination des dégénérés et autres ratés afin de rendre possible sur terre un excédent de force débouchant sur une vie dionysiaque.

 

« Ce nouveau parti de la vie, qui prend dans les mains les plus grands de tous les devoirs, les plus hauts élevages de l’humanité, y compris l’extermination impitoyable de tous les dégénérés et parasites, rendra à nouveau possible sur terre ce trop de vie d’où l’état dionysiaque doit à nouveau s’éveiller."

Nietzsche in Ecce homo - Pourquoi j'écris de si bons livres - L'origine de la tragédie §IV

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 18:23

Napoléon BonaparteExposition Napoléon et l'Europe du mercredi 27 mars au dimanche 14 juillet 2013 au musée de l'Armée à Paris (link).

 

"Nietzsche n’a jamais caché son admiration pour Napoléon jusqu’à poser en photo la main dans le giron de sa veste à la façon de l’Empereur français. Napoléon incarnait pour Nietzsche l’idéal antique en chair et en os, l’idéal noble en soi, une synthèse d’inhumain et de surhumain (cf. La Généalogie de la morale – Première dissertation §16). Grand lecteur de Plutarque, en particulier Les vies parallèles des hommes illustres, Napoléon Bonaparte aura eu un destin surhumain. De petite noblesse corse, boursier du roi Louis XVI, de formation militaire, brillant mathématicien et tacticien, il saura se hisser grâce à son mérite et sa volonté au sommet de l’Etat et redonner à la France une culture militaire et virile digne de l’antiquité gréco-romaine en instituant un Empire et une nouvelle noblesse fondée sur la guerre et les conquêtes. Napoléon est une figure surhumaine dans la mesure où il est l’expression d’une forte volonté animée par un idéal de grandeur, le tout porté par une énergie créatrice de formes, transfigurant les hommes en guerriers et maréchaux d’Empire. Mais laissons la parole à Nietzsche :

« Notre foi en une virilisation de l’Europe. – C’est à Napoléon (et nullement à la Révolution française qui cherchait la « fraternité » entre les peuples et les universelles effusions fleuries) que nous devons de pouvoir pressentir maintenant une suite de quelques siècles guerriers, qui n’aura pas son égale dans l’histoire, en un mot, d’être entrés dans l’âge classique de la guerre, de la guerre scientifique et en même temps populaire, de la guerre faite en grand (de par les moyens, les talents et la discipline qui y seront employés). Tous les siècles à venir jetteront sur cet âge de perfection un regard plein d’envie et de respect : – car le mouvement national dont sortira cette gloire guerrière n’est que le contre-coup de l’effort de Napoléon et n’existerait pas sans Napoléon. C’est donc à lui que reviendra un jour l’honneur d’avoir refait un monde dans lequel l’homme, le guerrier en Europe, l’emportera, une fois de plus, sur le commerçant et le « philistin » ; peut-être même sur la « femme » cajolée par le christianisme et l’esprit enthousiaste du dix-huitième siècle, plus encore par les « idées modernes ». Napoléon, qui voyait dans les idées modernes et, en général, dans la civilisation, quelque chose comme un ennemi personnel, a prouvé, par cette hostilité, qu’il était un des principaux continuateurs de la Renaissance : il a remis en lumière toute une face du monde antique, peut-être la plus définitive, la face de granit. Et qui sait si, grâce à elle, l’héroïsme antique ne finira pas quelque jour par triompher du mouvement national, s’il ne se fera pas nécessairement l’héritier et le continuateur de Napoléon : – de Napoléon qui voulait, comme on sait, l’Europe Unie pour qu’elle fût la maîtresse du monde. » (in Le Gai savoir §362)."

couverture Nietzsche[1](Source : Nietzsche Hyperboréen ou l'école du surhomme d'Olivier Meyer, éditions du Lore, 2011).

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 18:57

Dominique Venner-copie-1 Suicide de l'historien engagé Dominique Venner ce mardi 21 mai d'une balle dans la bouche en l'Eglise Notre Dame de Paris, haut lieu symbolique de l'histoire européenne où étaient sacrés les rois de France et où fut couronné Empereur Napoléon Bonaparte. Son dernier post sur son blog intitulé "La manif du 26 mai et Heidegger" (link) est à l'image de l'homme, un bon Européen, conformément à la terminologie de Nietzsche dont il avait lu et relu La Généalogie de la morale. Dominique Venner a écrit avec son sang le dernier chapitre de sa vie pour manifester sa fidélité à l'instinct de combat qui l'animait au service d'une vision du monde européenne homérique. Sur les traces de Drieu et Montherlant, le coup de feu de Dominique Venner illumine notre présent d'un éclair surhumain et guide notre main sur la crosse de l'avenir.

 

"Volonté – c’est ainsi que s’appelle le libérateur et le messager de joie."

 

Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra – De la rédemption

 

 

 

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 21:43

Roinard"Cet anarchiste nietzschéen, qui avait demandé à être incinéré, comme un vieux roi de mer, nous a laissé une des plus belles devises qui soit, bien digne du Viking Rolf le Marcheur, son héros :

 

Nourrie-toi du pain rare. Hardi ! Le But n'est pas

De vivre ; il est de se survivre !"

 

 

 

 

 

(Source : Des poètes normands et de l'héritage nordique de Jean Mabire, éditions Dualpha, 2005).

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  • : Académie de philosophie nietzschéenne animée par Olivier Meyer, poète écrivain et philosophe
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