Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 12:57

Mussolini par Alfredo Gauro Ambrosi« Il est clair que la lecture de Nietzsche, comme un peu plus tard celle de Sorel a été déterminante dans la formation intellectuelle et idéologique du futur dictateur, mais aussi de nombreux autres représentants du syndicalisme révolutionnaire, et que les écrits de ces deux auteurs constituent des jalons essentiels dans la révision du marxisme qui s’opère au cours de la première décennie du siècle et qui constitue l’une des matrices du fascisme. Déjà, ce que Mussolini retient de l’œuvre de Nietzsche, ce n’est pas seulement la critique corrosive de l’idéologie bourgeoise, des « pharisaïsmes » sur lesquels reposent à la fois l’humanisme chrétien et les valeurs frelatées de l’âge positiviste -la justice, la charité ou la démocratie, autant d’articles qui fondent la « morale du troupeau » et que le socialisme réformiste reprend à son compte-, mais le modèle de l’ « homme nouveau » forgé par la lutte et apte à s’engager dans des entreprises prométhéennes. Ce n’est pas le dirigeant fasciste de 1922 qui écrit les lignes qui vont suivre, mais l’un des plus modestes parmi les représentants de la tendance syndicaliste révolutionnaire du socialisme romagnol que hante le spectre de la dévitalisation et de la « dévirilisation » du parti et de sa doctrine.

« Le surhomme » -écrit-il dans l’essai publié en 1908 par Il Pensiero romagnolo-, voilà la grande invention nietzschéenne. Quelle impulsion secrète, quelle révolte intérieure ont-elles inspiré au professeur solitaire de langues anciennes de l’ université de Bâle cette superbe notion ?

Peut-être le tiedum vitae de notre vie. De la vie telle qu’elle se déroule dans les sociétés civiles d’aujourd’hui où triomphe l’irrémédiable médiocrité […].

Et Nietzsche sonne le réveil d’un retour prochain à l’idéal. Mais à un idéal fondamentalement différent de ceux auxquels ont cru les générations passées. Pour le comprendre, viendra une nouvelle espèce d’ « esprits libres », fortifiés par la guerre, par la solitude, par le grand danger, des esprits qui connaîtront le vent, les glaces, les neiges des hautes montagnes et qui sauront mesurer d’un œil serein toute la profondeur des abysses -des esprits dotés d’une sorte de sublime perversité- des esprits qui nous libéreront de l’amour du prochain, de la volonté du néant redonnant à la terre sa signification et aux hommes leurs espérances -des esprits neufs, libres, très libres, qui triompheront de Dieu et du néant. » (Source : Mussolini de Pierre Milza, éditions Fayard via Le chemin sous les buis link)

 

 

Partager cet article
Repost0
5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 13:59

Drieu"Quand la guerre éclate, il espère sortir de cette médiocrité et veut prouver ses qualités. Il se comportera très courageusement et sera blessé trois fois, lors de la bataille de Charleroi, sur le front des Dardanelles et à la bataille de Verdun. Il aura vécu son expérience sur le front sur un mode nietzschéen (il avait emporté le Zarathoustra avec lui) et s'inspirera de ces expériences pour écrire, en 1934, La comédie de Charleroi."

 

 

(Source : Rivarol numéro 3063 - 5 octobre 2012 - chronique "Les penseurs politiques antimodernistes")

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 13:32

GoetheFaust de Goethe est une préfiguration du surhomme de Nietzsche. Le mot surhumain est employé pour la première fois sous la plume de Goethe dans Faust auquel il consacra toute sa vie et qu'il n'acheva qu'au terme de celle-ci :

 

"Tu aspirais si fortement vers moi ! Tu voulais me voir et m'entendre. Je cède au désir de ton coeur. - Me voici. Quel misérable effroi saisit ta nature surhumaine ! Qu'as-tu fait de ce haut désir, de ce coeur qui créait un monde en soi-même, qui le portait et le fécondait, n'ayant pas assez de l'autre, et ne tendant qu'à nous égaler nous autres esprits ? Faust, où es-tu ?"

 

L'Esprit à Faust in Faust de Goethe

 

L'érudit Faust est las des mots et de la vie de reclus de savant sclérosé, il veut renouer avec la vraie vie et ses plaisirs païens, devenir un homme d'action... "Au commencement était la force", "au comment était l'action"... quitte à pactiser pour cela avec le diable, le mal intrinsèque à la vie car toute lumière génère sa part d'ombre.

   

"« L’homme doit devenir meilleur et plus méchant » – c’est ce que j’enseigne, moi. Le plus grand mal est nécessaire pour le plus grand bien du Surhomme."

Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra – De l’homme supérieur §5

 

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 20:37
Nietzsche187a1"C'est tellement évident qu’on oublie de le souligner. Nietzsche chantre du surhomme est lui-même un surhomme, et pour cause on ne parle bien que de ce que l’on connaît bien. Et en effet, comme le rappelle plus d’une fois Nietzsche, toute philosophie est une confession de son auteur. Ce qui veut dire, dans une certaine mesure, que la philosophie du surhomme est en quelque sorte l’histoire du devenir surhumain de Nietzsche. Le personnage de Zarathoustra, le double surhumain de Nietzsche, est à ce titre paradigmatique. Son histoire dans Ainsi parlait Zarathoustra  est à bien des égards celle de Nietzsche, un témoignage masqué autobiographique pour qui sait lire entre les lignes. Zarathoustra, un ermite vivant dans la montagne, retourne auprès des hommes après dix années de solitude pour leur prêcher le surhomme. Il ne trouvera pas d’écho à son message auprès des hommes de la place du marché qui lui préfèrent le spectacle d’un funambule. Dépité, Zarathoustra retournera dans la montagne chercher des compagnons. Nietzsche avait quitté l’université de Bâle où il avait enseigné presque dix ans quand il écrivit Ainsi parlait Zarathoustra . Ses livres n’avaient qu’un faible écho et l’enfermaient dans l’incompréhension de ses contemporains. Nietzsche, incompris, n’en perd pas pour autant la foi en sa mission de vérité et se jette à corps perdu dans la rédaction de « son plus grand présent fait à l’humanité ». Plus qu’aucun autre Ainsi parlait Zarathoustra est un livre positif, son oeuvre créatrice, un texte sacré pour reprendre la formule de son ami Peter Gast, le cinquième évangile selon Nietzsche lui-même. Nietzsche incarne avec cette oeuvre la figure de l’« enfant », une figure constructive, l’annonciation du surhomme. A y bien regarder, la vie et l’oeuvre de Nietzsche témoignent de son devenir surhumain. L’enfance marquée par la soumission au contexte familial religieux, la vocation de pasteur. Puis, petit à petit, la transmutation en marche. La mutation par l’esprit. La découverte dans une librairie à Leipzig, alors qu’il est étudiant, du livre de Schopenhauer Le monde comme volonté et comme représentation . L’affranchissement progresse par étape. La rencontre de Wagner. L’attachement à la métaphysique. Mais le devenir surhumain est une évolution qui éternellement se surmonte. Ce sera Humain, trop humain  dédié à Voltaire puis Aurore qui le verra s’éloigner du romantisme wagnérien pour adopter un tournant d’esprit libre, critique à la mode des moralistes français du XVII ème siècle. Les métamorphoses continuent. La figure du lion s’exprime, celle essentiellement de la destruction des anciennes valeurs. Jusqu’à la révélation, le Grand Midi, l’heure de l’ombre la plus courte, le moment de vérité, la prise de conscience, le contact direct de l’intuition avec la vérité, la vision de l’Eternel Retour le 14 août 1881 en Engadine non loin de Surlei près du lac Silvaplana lors de l’une de ses marches, le type Zarathoustra qui passe devant lui, l’inspiration géniale qui débouchera sur son oeuvre poétique à la sagesse supérieure Ainsi parlait Zarathoustra. Nietzsche en créant son oeuvre se crée lui-même. « En l’homme sont réunis créature et  créateur : en l’homme, il y a la matière, le fragment, l’exubérance, le limon, la boue, la folie, le chaos ; mais en l’homme il y a aussi le créateur, le sculpteur, la dureté du marteau, la contemplation divine du septième jour. Comprenez-vous cette antithèse ? » (in Par-delà le bien et le mal §225).

Oui nous comprenons, le surhomme est cette antithèse, l’homme créé par lui-même qui éternellement se surmonte. Nietzsche est ce surhomme qui a refusé le confort de l’immobilisme et des conservatismes en tous genres pour créer une oeuvre, son oeuvre et devenir ainsi lui-même, définition même du surhomme, un homme en devenir se créant lui-même à travers son oeuvre."

 

couverture Nietzsche[1](Source : Nietzsche Hyperboréen ou l'école du surhomme d'Olivier Meyer, éditions du Lore, 2011).

Partager cet article
Repost0
14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 13:48

HOLDERLINParmi les sources d'inspiration du surhomme de Nietzsche, il y a Hypérion d'Hölderlin qui était son poète préféré alors qu'il était encore lycéen. Hypérion exalte les vertus de la Grèce antique et du type d'homme qui va avec, les fils du soleil, archétype du bon Européen, prototype du surhomme nietzschéen.

 

"Les fils du soleil se nourrissent de leurs actes; ils vivent de victoire; ils tirent leur courage d'eux-mêmes, et leur force fait leur joie." (Alabanda à Hypérion in Hypérion d'Hölderlin).

Partager cet article
Repost0
27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 20:02

Nietzsche187a1"Né pour être pasteur

Quel malheur

Dieu est mort

Place aux forts

Le Gai Savoir

La vérité sans fard

Nietzsche Zarathoustra

Métamorphoses du soi

Regard en face

Hyperborée dans la glace

Incipit tragoedia

Devenu soi

Seul au sommet

Surhomme à jamais."      

 

 

(Source : Aristéas, recueil de poésie d'inspiration nietzschéenne d'Olivier Meyer, éditions Casa Cartii de Stiinta, diffusion en France par les éditions des Petits Bonheurs, 2012).

Partager cet article
Repost0
25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 15:33

ByronParmi les sources d'inspiration du Surhomme de Nietzsche, il y a le comte Manfred du poète britannique Byron. On trouve la première fois l'expression de Surhomme sous la plume de Nietzsche dans une étude qu'il fit sur Manfred en décembre 1861 alors qu'il était encore élève au Collège royal de Pforta (il était alors âgé de dix-sept ans). Et en effet à la lecture de Manfred, on retrouve les mêmes thématiques qui feront florès dans Ainsi parlait Zarathoustra, notamment ce passage sur les figures du troupeau et du lion :

 

"J'ai dédaigné de me mêler à un troupeau, fût-ce pour être à la tête - même d'une troupe de loups. Le lion vit seul, ainsi suis-je." (Réponse de Manfred à l'abbé de Saint-Maurice)

Partager cet article
Repost0
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 13:46
MitterrandD'après le livre "Le dernier tabou. Révélations sur la santé des présidents" des journalistes Denis Demonpion et Laurent Léger, François Mitterrand, atteint d'un cancer depuis 1981, s'est fait euthanasié à sa demande expresse le huit janvier 1996. (Source: lemonde.fr).
 
"Je vous fais l’éloge de ma mort, de la mort volontaire, qui me vient puisque je veux."
     
Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra - De la mort volontaire
 
"Mourir fièrement lorsqu’il n’est plus possible de vivre fièrement."
 
Nietzsche in Le Crépuscule des idolesFlâneries inactuelles §36
 
 
Partager cet article
Repost0
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 12:32

ernst junger"(...) le Surhomme discerne, dans le monde, l'universalité de la volonté de puissance : "Il n'y a rien au-dehors". L'art lui-même est dominateur. Le Surhomme participe aux destinées du monde (...)"

 

(Source : Ernst Jünger in Eumeswil, éditions de La Table Ronde, 1978.)

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 14:27

Drieu"Son maître, Nietzsche, le subtil germanoslave, lui avait aussi enseigné cela que la métaphysique ne doit jamais perdre la tête et doit savoir se pincer et se piquer pour se rappeler sa concrète condition. "Corriger toujours Pascal par La Fontaine et Molière comme ceux-ci par celui-là." D'ailleurs, le mythe du surhomme était ineffablement intime, comme ne pouvaient guère le soupçonner de primaires disciples politiques."

  

 

(Source : Pierre Drieu la Rochelle in Les chiens de paille, Gallimard, 1964).

Partager cet article
Repost0