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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 14:46

Olivier-dessin-012.jpg"L'exégèse superficielle a interprété son "surhomme" comme le fruit d'un haut développement biologique de l'être humain et il faut dire que certains passages du Zarathoustra donnent quelques fondements à cette interprétation. Mais dans L'Antéchrist, Nietzsche la dément de façon décidée : " Le problème que je pose n'est pas de savoir quelle espèce succédera, dans l'histoire des êtres, à celle des hommes ( - l'homme est une fin - ), mais de savoir quel type d'homme on doit dresser, on doit vouloir, un homme qui ait une valeur plus haute, qui soit plus digne de vivre, plus sûr de l'avenir. Nous avons déjà connu ce type supérieur, mais seulement en tant qu'exception, par hasard, jamais comme voulu." Ici donc le "surhomme" est bien identique aux "seigneurs de la terre", à cette "bête blonde" dont nous venons d'analyser la morale barbare. Nietzsche dit sans ambages que ce type a toujours existé isolément, et il s'agit de faire prendre conscience à la classe dirigeante de la nécessité de son dressage en série." (Source: "La destruction de la raison. Nietzsche" de Georges Lukàcs, éditions Delga, 2006).

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 11:27

Dionysos"Le surhomme est un disciple de Dionysos, un homme à l’image du dieu grec du vin et de l’ivresse. S’interroger sur le surhomme revient dès lors à s’interroger sur Dionysos. Dionysos est le dieu de l’éternel retour à l’image de la nature, de la vigne qui meurt en apparence en hiver et qui renaît au printemps. Le surhomme est l’homme qui dit oui à la vie, qui renaît toujours après une épreuve. C’est pour reprendre la terminologie moderne du psychanalyste Boris Cyrulnik, l’homme de la résilience. Le surhomme est l’homme pour qui tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Même face au défi de l’éternel retour, il est le grand oui à la vie, l’anti-nihiliste par excellence. Sa personnalité solaire et prodigue l’empêche de sombrer dans le nihilisme, le grand dégoût face à la souffrance et aux différentes épreuves de la vie. Non pas qu’il ne souffre pas mais sa force d’esprit est celui du chevalier de la gravure de Dürer, Le chevalier, la mort et le diable,que Nietzsche admirait tant, un esprit impavide, qui regarde et avance droit devant lui, un homme aristocratique, à cheval sur ses principes et qui ignore le danger. Le surhomme est donc un homme qui a du coeur, au sens de courage. D’ailleurs le coeur est l’organe de la deuxième naissance de Dionysos, le dieu deux fois né. Démembré par les titans, symbole des forces chtoniennes, Dionysos renaît à la vie grâce au coeur, son seul organe survivant, point de départ du retour éternel de la vie. La symbolique est explicite, le courage est la matrice de l’éternel retour, l’idiosyncrasie du surhomme."

(Source: Nietzsche Hyperboréen ou l'école du Surhomme d'Olivier Meyer aux éditions du Lore, 2011.)

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 15:25

Nietzsche187a1"Je ne suis une loi que pour les miens, je ne suis pas une loi pour tout le monde. Mais celui qui est des miens doit avoir des os vigoureux et des jambes légères, –

– joyeux pour les guerres et les festins, ni sombre ni rêveur, prêt aux choses les plus difficiles, comme à sa fête, bien portant et sain.

Ce qu’il y a de meilleur appartient aux miens et à moi, et si on ne nous le donne pas, nous nous en emparons : – la meilleure nourriture, le ciel le plus clair, les pensées les plus fortes, les plus belles femmes ! » –"

 

Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra - La Cène

 

 

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 14:37

berserker"L'initiation consistait en une série d'épreuves graduelles visant à une "montée en puissance" des forces du guerrier. Selon les peuples, ces épreuves étaient diverses : épreuves de courage, résistance aux souffrances physiques, retraite et camouflage en forêt ou en montagne, attaques surprises de voyageurs ou de villageois, surtout de nuit, combats singuliers, rapines en tous genres, "tel un loup avide et cruel", selon une formule hittite, etc. Ainsi que le précise Mircea Eliade:

"A travers ces épreuves, le postulant s'appropriait le mode d'être d'un fauve : il devenait un guerrier redoutable dans la mesure où il se comportait comme une bête de proie. Il se transformait en surhomme parce qu'il réussissait à s'assimiler la force magico-religieuse partagée par les carnassiers." (in Initiation, rites, sociétés secrètes.)" (Source: B.A.-BA Indo-Européens de Bernard Marillier, Pardès, 1999)  

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:09

gif-image-dormeur-9"Ils dorment encore ces hommes supérieurs, alors que je suis éveillé; ce ne sont pas mes vrais compagnons! Ce n'est pas eux que j'attends ici dans ces montagnes.

Je veux parvenir à mon oeuvre, à mon jour : mais ils ne comprennent pas ce que sont les signes de mon matin, mon pas ne les réveille pas.

Ils dorment encore dans ma caverne; leur rêve boit encore mes chants d'ivresse. Mais l'oreille qui m'écoute, l'oreille obéissante est absente de leurs membres."

 

Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra - IVème partie - Le signe

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 13:56

Brekerpredestination"Pour Zarathoustra, l'heure historique est venue et il s'impatiente. C'est l'heure de la récolte, c'est-à-dire de la montée du Surhomme. Cette heure historique est d'une impitoyable grandeur dans sa rigueur révolutionnaire: plus de temps à perdre avec les héros du passé: "Pour la dernière fois j'ai parlé à un mort." C'est l'heure de la table rase pour une création absolument nouvelle. Il ne s'agit pas de convaincre les foules, car il ne s'agit pas d'organiser une révolution socio-politique, ni même religieuse, il s'agit de bien plus: il s'agit d'attirer hors de la foule, de désengluer de la médiocrité ambiante une élite faible par le nombre, mais d'une lucidité sans faiblesse et capable de préparer le formidable avènement de la mutation surhumaine, un seuil comme celui qui nous a fait passer de l'hominien à l'homme (du singe à l'homme, dit Zarathoustra, selon le langage darwinien de son époque). Cette préparation comporte une totalité et une interaction spirituelle, eugénique et biologique." (Source: commentaire de Robert Dun tiré de sa traduction d'Ainsi parlait Zarathoustra, A.H.E, 1988.)

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 10:46

Breker atelier"Un Dieu tout neuf monte en nous, nous dotant du fardeau d'une totale responsabilité : "Votre volonté doit dire : que le Surhomme soit le sens de la terre." Espérances paradisiaques et terreurs infernales sont balayées en même temps : l'avenir sera ce que nous le ferons et la vie terrestre en est le grand atelier dans lequel l'aspirant-Surhomme doit buriner dans la chair sa propre réalisation."

 

(Source: commentaire de Robert Dun tiré de sa nouvelle traduction d'Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche aux éditions A.H.E., 1988)

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 16:00

Nietzsche187a1"Je vous enseigne le Surhomme. L’homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu’avez-vous fait pour le surmonter ?

Tous les êtres jusqu’à présent ont crée quelque chose au-dessus d’eux, et vous voulez être le reflux de ce grand flot et plutôt retourner à la bête que de surmonter l’homme ?

Qu’est le singe pour l’homme ? Une dérision ou une honte douloureuse. Et c’est ce que doit être l’homme pour le surhomme : une dérision ou une honte douloureuse.

Vous avez tracé le chemin qui va du ver jusqu’à l’homme, et il vous est resté beaucoup du ver de terre. Autrefois vous étiez singe, et maintenant encore l’homme est plus singe qu’un singe. Mais le plus sage d’entre vous n’est lui même qu’une chose disparate, hybride fait d’une plante et d’un fantôme. Cependant vous ai-je dit de devenir fantôme ou plante ?

Voici, je vous enseigne le Surhomme !

Le Surhomme est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le Surhomme soit le sens de la terre. "   

 

Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra – Le prologue de Zarathoustra §3

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 08:39

Nietzsche187a1L'allégorie des trois métamorphoses décrite dans "Ainsi parlait Zarathoustra" livre la clé du modus operandi pour devenir un surhomme:

 

"Je vais vous dire trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant.

Il est maint fardeau pesant pour l’esprit, pour l’esprit patient et vigoureux en qui domine le respect : sa vigueur réclame le fardeau pesant, le plus pesant.

Qu’y a-t-il de plus pesant ! ainsi interroge l’esprit robuste. Dites-le, ô héros, afin que je le charge sur moi et que ma force se réjouisse.

N’est-ce pas cela : s’humilier pour faire souffrir son orgueil ? Faire luire sa folie pour tourner en dérision sa sagesse ?

Ou bien est-ce cela : déserter une cause, au moment où elle célèbre sa victoire ? Monter sur de hautes montagnes pour tenter le tentateur ?

Ou bien est-ce cela : se nourrir des glands et de l’herbe de la connaissance, et souffrir la faim dans son âme, pour l’amour de la vérité ?  

Ou bien est-ce cela : être malade et renvoyer les consolateurs, se lier d’amitié avec des sourds qui m’entendent jamais ce que tu veux ?

Ou bien est-ce cela : descendre dans l’eau sale si c’est l’eau de la vérité et ne point repousser les grenouilles visqueuses et les purulents crapauds ?

Ou bien est-ce cela : aimer qui nous méprise et tendre la main au fantôme lorsqu’il veut nous effrayer ?

L’esprit robuste charge sur lui tous ces fardeaux pesants : tel le chameau qui sitôt chargé se hâte vers le désert, ainsi lui se hâte vers son désert.

Mais au fond du désert le plus solitaire s’accomplit la seconde métamorphose : ici l’esprit devient lion, il veut conquérir la liberté et être maître de son propre désert.

Il cherche ici son dernier maître : il veut être l’ennemi de ce maître, comme il est l’ennemi de son dernier dieu ; il veut lutter pour la victoire avec le grand dragon.

Quel est le grand dragon que l’esprit ne veut plus appeler ni dieu ni maître ? « Tu dois », s’appelle le grand dragon. Mais l’esprit du lion dit : « Je veux. »

« Tu dois » le guette au bord du chemin, étincelant d’or sous sa carapace aux mille écailles, et sur chaque écaille brille en lettres dorées : « Tu dois ! »

Des valeurs de mille années brillent sur ces é cailles et ainsi parle le plus puissant de tous les dragons : « Tout ce qui est valeur — brille sur moi. »

Tout ce qui est valeur a déjà été créé, et c’est moi qui représente toutes les valeurs créées. En vérité il ne doit plus y avoir de « Je veux » ! Ainsi parle le dragon.

Mes frères, pourquoi est-il besoin du lion de l’esprit ? La bête robuste qui s’abstient et qui est respectueuse ne suffit-elle pas ?

Créer des valeurs nouvelles — le lion même ne le peut pas encore : mais se rendre libre pour la création nouvelle — c’est ce que peut la puissance du lion.

Se faire libre, opposer une divine négation, même au devoir : telle, mes frères, est la tâche où il est besoin du lion.

Conquérir le droit de créer des valeurs nouvelles — c’est la plus terrible conquête pour un esprit patient et respectueux. En vérité, c’est là un acte féroce, pour lui, et le fait d’une bête de proie.

Il aimait jadis le « Tu dois » comme son bien le plus sacré : maintenant il lui faut trouver l’illusion et l’arbitraire, même dans ce bien le plus sacré, pour qu’il fasse, aux dépens de son amour, la conquête de la liberté : il faut un lion pour un pareil rapt.

Mais, dites-moi, mes frères, que peut faire l’enfant que le lion ne pouvait faire ? Pourquoi faut-il que le lion ravisseur devienne enfant ?

L’enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation.

Oui, pour le jeu divin de la création, ô mes frères, il faut une sainte affirmation : l’esprit veut maintenant sa propre volonté, celui qui a perdu le monde veut gagner son propre monde.

Je vous ai nommé trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment l’esprit devient lion, et comment enfin le lion devient enfant."

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 17:19

Breker atelier"Selon Nietzsche, l'humanité doit progresser vers la "surhumanité". Précisez lesquelles de ces affirmations sont exactes:


a. Le surhomme est quelqu'un qui a réussi socialement.
b. Le surhomme est un homme plus fort que les autres.
c. Le surhomme est le fruit de la sélection naturelle.
d. Le surhomme est un représentant d'une nouvelle espèce.
e. Le surhomme est un représentant d'une nouvelle race d'hommes.
f. Le surhomme est un "esprit libre".

Réponses:
d. et f.
Le surhomme est un "esprit libre", qui naîtra "parmi les meilleurs d'entre nous": ceux qui auront surmonté la tentation de la décadence et se seront libérés du carcan de la morale judéo-chrétienne - artistes et philosophes, notamment. Mais le surhomme est aussi le représentant d'une nouvelle espèce: le singe est à l'homme ce que doit être l'homme au surhomme, "une dérision ou une honte douloureuse". Il s'agit d'une sélection non pas "naturelle" mais "culturelle"." (Source: "Connaissez-vous la philosophie?", Hors-série jeux du journal Le Monde.) 

 

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