Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 15:21

"En tout cas, la thèse de la « nordification », aussi forcée soit-elle, n’est pas une « falsification » du même ordre que le caviardage des textes ou leur interpolation intéressée, mais relève bien d’une interprétation tendant à restituer la cohérence d’ensemble d’une œuvre éclatée. Il ne s’agit ici que d’ouvrir des pistes. Si celle de Bäumler– celle qui passerait par la lecture de son livre de 1931 – est intéressante, c’est pour l’éclairage apporté à des insistances de Nietzsche lui-même, à des orientations suggérées. L’Antéchrist commence par cette adresse hautement énigmatique : « Sehen wir uns ins Gesicht ; Wir sind Hyperboreer… jenseits des Nordes, des Eises, des Todes-unser Leben, unser Glück ». Le « Nord » est la glace, mais la glace est « notre » bonheur ! La mort même est « notre » bonheur. A qui Nietzsche parle-t-il, en donnant pour indice d’affinité et de parenté, ce « Nord » glacial et mortel ? Bäumler a à sa façon tenté d’identifier ce « nous » – ce « nous » qui oserait se regarder en face et s’identifier à la Mort Heureuse. Qui est Pindare, le poète des Hyperboréens ? Comment cette mythologie ancienne entre-t-elle en résonance avec les sagas d’Islande découvertes après que Nietzsche a écrit ces lignes ? Voilà les questions à partir desquelles Bäumler a « reconstruit » Nietzsche." (Source: François Guery, « Complément Bäumler : analyse d’une falsification », Noesis, N°10, 2006. URL : http://noesis.revues.org/index632.html)

 

Pour info et aller plus loin dans "la piste", publication fin avril de l'essai "Nietzsche Hyperboréen ou l'école du surhomme" d'Olivier Meyer aux éditions du Lore.

Partager cet article
Repost0

commentaires