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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 20:53

Highlander"Quand j’étais gamin, petit Parisien élevé au gaz d’éclairage et au temps des restrictions, mon père m’avait envoyé prendre l’air à la campagne, aux soins d’un vieux couple. Lui, était jardinier. Il bricolait çà et là, entre les plants de carottes et les rangs de bégonias de résidence primaires ou secondaires. Le bonhomme était doux et tendre, même avec ses ennemies les limaces. Devant sa femme, jamais il n’ouvrait la bouche, à croire qu’elle lui avait coupé la langue et peut-être autre chose. Il n’avait même pas droit aux copains, c’est-à-dire au bistrot. J’étais son confident, le seul, je crois, qui eût jamais ouvert l'oreille à sa chanson. Il me racontait le temps lointain quand il avait été un homme. Cela avait duré quatre années terribles et prodigieuses, de 1914 à 1918. Il était peut-être un peu simple d’esprit, mais son œil était affûté et son bras ne tremblait pas. Un officier avait repéré les aptitudes du bougre et fait de lui un tireur d’élite, un privilégié. Armé de son Lebel, il cartonnait ceux d’en face avec ardeur et précision, sans haine ni remords. Libre de sa cible et de son temps, exempté de la plupart des corvées, il était devenu un personnage. Il tirait les porteurs de galons et d'épaulettes en feldgrau. Il me cita des chiffres incroyables qui avaient sans doute gonflé dans sa petite tête radoteuse en trente ans de remâchouillis solitaires. Avec lui, j'ai découvert cette vérité énorme que la vie d’un homme, ce ne sont pas les années misérables qui se traînent du berceau à la tombe, mais quelques rares éclairs fulgurants. Les seuls qui méritent le nom de vie. Ceux que l’on doit à la guerre, l’amour, l’aventure, l’extase mystique ou la création. A lui, la guerre, généreusement, avait accordé quatre ans de vie. Privilège exorbitant au regard de tous les bipèdes mis au tombeau sans jamais avoir vécu."

 
Dominique Venner in Le Coeur rebelle
 

« Je veux enseigner aux hommes le sens de leur existence : qui est le Surhomme, l’éclair du sombre nuage homme. »

 

Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra – Le prologue de Zarathoustra

 

"Le surhomme est un éclair, une fulgurance, l’éclair de l’intelligence, une intuition géniale, l’Eurêka d’Archimède, la pomme de Newton. Nietzsche lui même a eu la révélation de l’Eternel retour, concept clé pour comprendre le surhomme, en marchant au bord d’un lac, le lac Silvaplana près de Surlei en Haute Engadine en Suisse le 14 août 1881. Il confie dans ses fragments que pour cet éclair, cet instant d’intensité extrême, il subit le retour : « L’instant où j’ai engendré le retour est immortel. Pour cet instant j’endure le retour » Nietzsche avoue ainsi à mots couverts qu’il est un surhomme, le grand oui à la vie, juste pour le plaisir de revivre cet éclair, cet instant d’intelligence surhumaine."

 

couverture Nietzsche[1]Olivier Meyer in Nietzsche Hyperboréen ou l'école du surhomme, éditions du Lore, 2011.

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Published by Nietzsche académie - dans Devenir
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