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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 20:08

Nietzsche est un champ de bataille pour reprendre le titre du livre éponyme de l’historien Ernst Nolte. Nietzsche est mystifié par la gauche qui veut en faire un hédoniste. Nietzsche est mystifié par la droite qui veut en faire un conservateur chrétien contrarié. Mais pour l’essayiste nietzschéen Guillaume Faye, dans ses réponses à la Nietzsche Académie, si on veut être honnête, il faut classer Nietzsche parmi la droite révolutionnaire.

« Pour faire bref, je dirais qu’une interprétation honnête de Nietzsche se situe du côté de la droite révolutionnaire en Europe »

Nietzsche est de droite parce que sa philosophie est élitiste et aristocratique. Ainsi parlait Zarathoustra est sous-titré un livre pour tous et personne. Pour tous parce que l’aristocratie n’est pas une question de classe sociale mais de race de l’esprit et du corps pour reprendre un concept évolien. Pour personne, parce que tout le monde ne peut pas incarner sa philosophie car elle est une philosophie organique donc ethnodifférenciée. La race est le grand tabou moderne et pourtant Nietzsche à travers sa pensée du corps en fait l’apologie en filigrane. Même si les gauchistes s’acharnent à coups de citations isolées de classer Nietzsche comme un penseur antiraciste et philosémite, la vérité oblige à dire que Nietzsche est un philosophe de la race supérieure européenne et pas seulement d’une race à venir. Nietzsche se définit dans L’Antéchrist comme Hyperboréen :

« Regardons-nous en face. Nous sommes des Hyperboréens »

Sa filiation avec Apollon l’Hyperboréen est assumée et revendiquée. Nietzsche l’esthète se place sous l’autorité du dieu Apollon archétype de la beauté européenne au type nordique.

La philosophie de Nietzsche est révolutionnaire parce que sa transmutation des valeurs (Umwertung der Werte) est littéralement une révolution des valeurs chrétiennes pour retourner à la sagesse des Hyperboréens, la sagesse d’Apollon et de Dionysos, le monde de la beauté et de la force, une sagesse « tragique » que Nietzsche a exposée dans La Naissance de la tragédie.

Guillaume Faye dénonce dans l’entretien à la Nietzsche Académie les intellectuels qui « ont fait du Surhomme une sorte d’intellectuel nuageux et détaché, supérieur, méditatif, quasi-bouddhique, à l’image infatuée qu’ils veulent donner d’eux-mêmes ». Faye a bien compris à la suite de Nietzsche que le grand soi du corps parle à travers le petit moi des intellectuels. Leur vision basse et médiocre n’est que le reflet et la projection de leur corps faible et débile. Dans La Généalogie de la morale Nietzsche fait l’apologie de la bête blonde qu’on retrouve au fond de toutes les races aristocratiques :

« Au fond de toutes ces races aristocratiques, il est impossible de ne pas reconnaître le fauve, la superbe brute blonde rôdant en quête de proie et de carnage ; ce fond de bestialité cachée a besoin, de temps en temps, d’un exutoire, il faut que la brute se montre de nouveau, qu’elle retourne à sa terre inculte. »

Cette race de fauves blonds est la race des Européens de type nordique chantée par Homère et incarnée par les figures d’Achille et Ulysse (1). Nietzsche en tant que professeur de philologie classique a consacré sa conférence inaugurale à Homère à l’université de Bâle. Il y fait l’apologie de la joute, l’esprit de combat qui règne chez Homère et qui n’est rien d’autre que la psyché authentique des Indo-Européens, les Hyperboréens à la morale de maître.

Dans Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche développe cette vision du monde aristocratique européenne en appelant de ses vœux une nouvelle race d’hommes qui n’est en fait rien d’autre qu’une reviviscence des chevaliers boréens homériques, pour rependre une terminologie de l’historien nietzschéen Dominique Venner dans Histoire et tradition des Européens.

Pour Nietzsche-Zarathoustra « vous n’êtes ni assez grands ni assez forts. » (2)

Pas assez grands ni assez forts… mais pas seulement :

« Aussi bien n’êtes-vous pas assez beaux à mon gré, ni d’assez bonne race. »

Pour Nietzsche, le bon Européen doit être plus grand, plus fort, plus beau et plus racé.

Nietzsche-Zarathoustra attend ses enfants des îles bienheureuses, sa race de surhommes Hyperboréens, sa nouvelle espèce d’hommes :

« qui seront plus grands, plus forts, plus victorieux, des hommes plus joyeux, bâtis d’aplomb et carrés de la tête à la base : il faut qu’ils viennent, les lions rieurs ! »

Les lions rieurs ne sont pas sans rappeler les fauves blonds qui seront décrits dans La Généalogie de la morale. Nous sommes au cœur de l’eugénisme nietzschéen surhumaniste, un nordicisme assumé conformément à l’idéal classique du kalos kagathos, du beau et du bon des Grecs anciens de race dorienne, Européens de race pure au physique d’Apollon nordique (3).

Dans « La Cène » Nietzsche-Zarathoustra complète le portrait de la nouvelle race de maîtres européens qu’il appelle de ses vœux :

« Mais celui qui est des miens doit avoir des os vigoureux et des jambes légères, 

— joyeux pour les guerres et les festins, ni sombre ni rêveur, prêt aux choses les plus difficiles, comme à sa fête, bien portant et sain. » 

Os vigoureux, jambes légères, bien portant et sain, on est très loin de considérations intellectuelles abstraites. Le surhomme Hyperboréen sera racé ou ne sera pas.

Mais si le corps est nécessaire il n’est pas suffisant car l’esprit et le corps ne font qu’un chez l’homme total qu’est le Surhomme Hyperboréen. D’où l’importance de cultiver un esprit Hyperboréen pour continuer à devenir ce que l’on est, un Surhomme et ne pas dégénérer en dernier homme. Cet esprit surhumaniste est résumé par Nietzsche dans ce qu’il appelle dans Ecce Homo le Parti de la vie. L’historien Ernst Nolte a mis en relief l’importance de ce concept dans son livre Le champ de bataille et dans l’entretien qu’il accorda à la Nietzsche Académie.

Mais laissons la parole à Nietzsche dans Ecce Homo :

« Ce nouveau parti de la vie, qui prend dans les mains les plus grands de tous les devoirs, les plus hauts élevages de l’humanité, y compris l’extermination impitoyable de tous les dégénérés et parasites, rendra à nouveau possible sur terre ce trop de vie d’où l’état dionysiaque doit à nouveau s’éveiller. »

La race de l’esprit surhumaniste condition sine qua non de la possibilité d’un corps surhumain et d’une nouvelle race de maîtres Hyperboréens réside en une sélection implacable et impitoyable qui devra exterminer les dégénérés et les parasites. Le surhumanisme n’est pas un humanisme. Le surhumanisme est un vitalisme eugéniste « d’où l’état dionysiaque doit à nouveau s’éveiller ». Avec la référence à Dionysos, Nietzsche ancre une nouvelle fois sa philosophie dans la sagesse Hyperboréenne car Dionysos remplaçait Apollon l’Hyperboréen à Delphes l’hiver. Il est l’ombre de la lumière Hyperboréenne, son côté obscur mais néanmoins indissociable, le dieu organique de la vigne, dieu de la folie destructrice et exterminatrice qui ouvre la voie à un nouvel ordre apollinien de grandeur et de beauté où règnera « — la meilleure nourriture, le ciel le plus clair, les pensées les plus fortes, les plus belles femmes ! » (4).

Vaste programme mais il appartient aux bons Européens de devenir eux-mêmes en épousant la philosophie nietzschéenne et d’accomplir leur révolution hyperboréenne pour pouvoir dire avec Nietzsche « nous sommes des Hyperboréens » !

 

Olivier Meyer, poète écrivain né en 1973, animateur de la Nietzsche Académie, auteur du Guide des citations Nietzsche, de l’essai Nietzsche Hyperboréen ou l’école du Surhomme, du pamphlet nietzschéen Conversation avec l’éclair et du Protocole des Sages de Thulé, programme de développement personnel nietzschéen.

Notes :

  1. Lire le « Guide des citations Homère » d’Olivier Meyer aux éditions Pardès.
  2. Ainsi parlait Zarathoustra – La salutation
  3. Lire l’essai « Nietzsche Hyperboréen ou l’école du Surhomme » d’Olivier Meyer aux éditions du Lore.
  4. Ainsi parlait Zarathoustra – La Cène
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commentaires

J
Tu es bienn sûr que les grecs Achille et Ulysse étaient de beaux grand blond bien bâtis? Les grecs que j'ai croisé étaient pluôt rablés, velus et bruns. Ach, ach, les lunettes de la conviction...
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