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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 19:27

Answers from the british editor Steven Quayle to the Nietzsche Académie’s survey. Steven Quayle, degree in English Literature, editor of Lexido.com EBook publishing house, is editor of "Complete Quotations of Friedrich Nietzsche".

Nietzsche Académie - How Nietzsche is important for you ?

Steven Quayle - As a guide to avoid mediocrity.

N.A. – « Nietzschean », what does it mean for you ?

S.Q. - To be what I am.

N.A. - Which book would you recommend ?

S.Q. - "Twilight"

N.A. - Is nietzscheism right or left politically ?

S.Q - Definitely Right.

N.A. - According to you, which authors are nietzscheans ?

S.Q. - Freud, Sartre, Jung, Foucault. Derrida, D H Lawrence.

N.A. - Could you give a definition of the superman ?

S.Q. - Human 2.0 The Natural Man.

N.A. - What is your favorite Nietzsche's quote ?

S.Q. - « Everything done out of Love is done Beyond Good and Evil » [quote from « Beyond good and evil »]

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 21:45

"Hinter deinen Gedanken un Gefühlen, mein Bruder, steht ein mächtiger Gebieter, ein unbekannter Weiser - der heiszt Selbst. In deinem Leibe wohnt er, dein Leib ist er. Es ist mehr Vernunft in deinem Leibe, als in deiner besten Weisheit."

Nietzsche, "Also sprach Zarathustra" - Von den Verächtern des Leibes

"Behind your thoughts and feelings, my brother, stands a mighty commander, an unknown sage - he is called Self. He lives in your body, he is your body. There is more reason in your body than in your best wisdom."

Nietzsche, "Thus spoke Zarathustra" - Of the despisers of the body

"Derrière tes sentiments et tes pensées, mon frère, se tient un maître plus puissant, un sage inconnu — il s’appelle soi. Il habite ton corps, il est ton corps. Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse."

Nietzsche, "Ainsi parlait Zarathoustra" - Des contempteurs du corps

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 20:05

"Nous approuvons la doctrine de Zarathoustra, selon laquelle l'homme doit être dépassé par le surhomme. Nous n'y voyons pas une exigence morale, mais une nécessité historique. Le stade suivant sera le nécessaire dépassement du surhomme : il se brisera sur l'humain, qui tirera de cette rencontre une puissance supérieure."

 

Ernst Jünger, "Héliopolis"

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 14:13

Réponses de Michel Maffesoli au questionnaire de la Nietzsche Académie. Michel Maffesoli, sociologue, professeur émérite à la Sorbonne, est l'auteur notamment de "L'Ombre de Dionysos".

Nietzsche Académie - Quelle importance a Nietzsche pour vous ?

Michel Maffesoli - L’œuvre de Nietzsche a pour moi été d’une très grande importance. J’en ai fait pendant longtemps une lecture quasi-quotidienne, si bien que l’ensemble de mes livres est imprégné par cette pensée, même si comme c’est le cas pour toute œuvre qui vous marque et avec laquelle vous êtes en complète congruence, je ne le cite pas souvent. Tout ce que j’ai pu dire sur la figure emblématique de Dionysos, sur le retour du tragique, sur la critique du moralisme s’inscrit en droite ligne dans la pensée nietzschéenne. On peut dire, sans faire un anachronisme par trop poussé, qu’il y a dans cette œuvre une préfiguration de la postmodernité en cours.

N.A. - Etre nietzschéen qu'est-ce que cela veut dire ?
M.M. - Le nietzschéisme ne se présente en rien comme étant une pensée dogmatique. Mais au contraire, comme un perpétuel questionnement, ce qui est, véritablement, le cœur battant de tout chemin de pensée digne de ce nom. D’une certaine manière, dit métaphoriquement, à l’opposé du « Lycée » aristotélicien, procédant par système, la démarche nietzschéenne est plutôt une « académie » où prévalent le dialogue et l’échange perpétuel. Ce qui explique les fructueuses évolutions de la pensée et de l’homme Nietzsche.

N.A. - Quel livre de Nietzsche recommanderiez-vous ?

M.M. - Il est bien délicat, tant cette œuvre est complexe, plurielle, de choisir un livre particulier. Mais s’il faut le faire, je proposerais La Naissance de la tragédie où sont exposées les caractéristiques essentielles du dionysiaque et l’importance du vitalisme qui est une des spécificités de l’œuvre nietzschéenne, en congruence essentielle avec le temps présent.

N.A. - Le nietzschéisme est-il de droite ou de gauche ?
M.M. - À l’encontre des diverses récupérations qui ont pu être faites de cette œuvre (bien évidemment celle induite par la sœur de Nietzsche), on peut dire que celle-ci est essentiellement « métapolitique » et ne peut en rien être récupérée par un parti quelqu’il soit ou être qualifiée de gauche ou de droite. Il est d’ailleurs intéressant d’observer que les multiples commentateurs de cette philosophie appartiennent à des bords politiques on ne peut plus divers, ce qui est en soi significatif.

N.A. - Quels auteurs sont à vos yeux nietzschéens ?
M.M. - Comme je l’ai indiqué, il s’agit d’une œuvre adogmatique et « métapolitique », il me semble délicat de parler « d’un auteur nietzschéen ». On peut dire que nombre d’esprits aigus s’en sont inspirés. En France, je pense en particulier à Gilles Deleuze, sans que pour autant on puisse plaquer cette étiquette sur leur œuvre. Sans vouloir être par trop paradoxal, il me semble que Heidegger, dans la critique même qu’il fait de Nietzsche est traversé, de part en part, par le questionnement de ce philosophe.

 

N.A. - Pourriez-vous donner une définition du surhomme ?

M.M. - Le « surhomme » a donné lieu à de multiples interprétations et même certaines, on le sait, d’inspiration totalitaire. Pour ma part, je dirais qu’il s’agit là de cette belle thématique, tout à la fois pré-moderne (celle de la philosophie antique) et postmoderne, ce qui est actuellement en gestation : à savoir le dépassement d’un individualisme étroit et du subjectivisme philosophique qui en est l’expression, à partir de Descartes dans la philosophie moderne. Le « surhomme » est ce qui me met en étroite relation avec l’Altérité, que celle-ci soit le fait de la communauté, de la nature ou de la déité.


N.A. - Votre citation favorite de Nietzsche ?

M.M. - Citation de Nietzsche que j’ai faite dans mon premier livre et reprise par la suite régulièrement : « Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d’une étoile qui danse. »
 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 20:41

Réponses de l'écrivain Mike Kasprzak au questionnaire de la Nietzsche académie. Mike Kasprzak est l'auteur du roman d'inspiration nietzschéenne "En guerre dès le matin" aux éditions 5 sens (https://catalogue.5senseditions.ch/fr/fiction-48/101-en-guerre-des-le-matin.html)

Nietzsche académie - Quelle importance a Nietzsche pour vous ?

Mike Kasprzak - Nietzsche a été un révélateur. J'ai découvert Nietzsche vers la vingtaine, et j'ai été alors plein d'interrogations. Il y avait en moi énormément de germes d'idées qui ne trouvaient pas de réponse dans le monde extérieur. Qui ne trouvaient pas d'écho. Qui étaient en dissonance complète avec ce que je pouvais observer. Et j'ai découvert Nietzsche. Il a alors été ce révélateur. Voire même plus, un confirmateur, pour ne pas dire un affirmateur. Il a été la confirmation, l'alibi à ces interrogations. Non je me trompais pas. J'étais simplement en dehors du monde, de ce monde, et je ne le savais pas. Lire Nietzsche m'a confirmé dans mes idées. Pour revenir à l'auteur en lui même, philosophiquement, Nietzsche a pour moi une importance fondamentale par le fait qu'il est un est des philosophes les plus pragmatiques. Et la philosophie se doit d'être pragmatique, elle doit apporter des réponses directes et concrètes à la vie, la condition humaine, et Nietzsche est sans aucun doute celui qui s'en approche le plus.

N.A. - Être nietzschéen qu'est-ce que cela veut dire ?

M.K. - Bien que le terme « nietzschéen » soit bien souvent décrié, on peut tout de même essayer de lui en donner une définition. Être nietzschéen signifie être en accord avec les préceptes nietzschéens, et, bien que l'on qualifie souvent Nietzsche d’anti-système, en analysant sa philosophie, on peut extraire quelque chose de systématique en elle. Ce système c'est avant tout la déconstruction des mythes, des idoles. La dispersion des mensonges et des illusions. La philosophie nietzschéenne agit avant tout comme un prisme, un prisme qui disperse la lumière blanche pour faire apparaître l'ensemble du spectre visible. Il en est de même avec les faits, les interprétations, les morales. Être nietzschéen c'est lire les faits, les actes, à travers un prisme. La lumière du réel n'est plus simplement blanche, opaque, confuse, elle nous apparaît distincte, discrète, sincère, identifiable et démystifiée. Être nietzschéen, signifie donc, en partie, savoir observer le réel dans tout sa crudité. C'est observer les entrailles du réel. Pour savoir ce que cela veut dire, pour savoir quels sont ces mensonges, ces illusions, il faut lire Nietzsche lui-même.

N.A. - Quel livre de Nietzsche recommanderiez-vous ?

M.K. - Pour une introduction à Nietzsche, je dirais « Crépuscule des idoles », qui est accessible, condensé, et fulgurant. Une bonne entrée en la matière. De la dynamite. Sinon pour une étude plus en profondeur, je pense que le duo « Généalogie de la morale » et « Par delà bien et mal » sont des lectures indispensables. Je garde « Ainsi parlait Zarathoustra » pour les lecteurs assidus, je ne pense pas qu'il soit recommandable à une personne qui souhaite découvrir Nietzsche. Certains livres pré-Zarathoustra peuvent aussi être une entrée en matière intéressante, comme Le Gai Savoir ou Aurore.

N.A. - Le nietzschéisme est-il de droite ou de gauche ?

M.K. - Si l'on considère la droite et la gauche actuelle française, ni l'un ni l'autre. Malgré tout, si l'on veut essayer de placer Nietzsche sur l'échiquier politique, ce qui est certain c'est que Nietzsche ne serait pas à gauche. Son refus de la démocratie, de l'égalité imposée à tous les hommes, entre autre, font qu'il ne peut pas être à gauche. Cela dit il n'est pas non plus fondamentalement à droite, en précisant en peu plus, Nietzsche serait plutôt du côté des anarchistes de droite, voir même des anarchistes individualistes. La question reste compliquée mais ce qui est sûr c'est qu'il n'est pas de gauche.

N.A. - Quels auteurs sont à vos yeux nietzschéens ?

M.K. - On retrouve du Nietzsche (pour tout un tas de raisons), chez : Hamsun, notamment avec Faim et Mystères, Strindberg, avec Au bord de la vaste mer, Dostoïevski par moments (voir le personnage de Raskolonikov), Calaferte, Hemingway par moment, Julius Evola, Pierre Drieu de la Rochelle, Fante et Bukowski également, et j'en oublie sûrement beaucoup.

N.A. - Pourriez-vous donner une définition du surhomme ?

M.K. - Question difficile tant cette notion a été peu abordée par Nietzsche, mais qui lui confère une espèce de mythe, de place centrale, alors que le surhomme n'est finalement que la pointe de l'iceberg de la philosophie nietzschéenne. Le surhomme c'est premièrement, comme l'indique son article défini « le », l'homme seul. Non pas forcément seul socialement, mais seul face à ses choix, face à ses actes, faces à ses responsabilités et face à son destin. Ensuite le surhomme, c'est l'homme qui affirme,l'homme qui dit oui. C'est un homme qui agit, qui recherche ce que Nietzsche nommait la Volonté de puissance, qui s'en abreuve et s'en épanouit. C'est aussi le sens de la Terre, et en cela le sens de la Vie, c'est l'homme qui accepte sa condition d'être mortel, son destin de mortel, et la souffrance l'accompagnant. C'est l'homme qui finalement accepte de se dire que tout lui est favorable. Le bon comme le mauvais. C'est finalement un homme qui aime et qui aime aimer.

N.A. - Votre citation favorite de Nietzsche ?

M.K. - « Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler. » Aurore.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 17:27
Bibliothérapie avec Nietzsche

Pour un traitement de choc, lire « L’Antéchrist ».

Pour le traitement de fond, une dose quotidienne d’ « Ainsi parlait Zarathoustra » pour se désintoxiquer de la moraline.

Pour une meilleure vue et guérir de la cécité intellectuelle, lire « La Généalogie de la morale ».

Pour une cure de vitamines, lire les maximes et autres aphorismes du « Crépuscule des idoles ».

Pour un régime minceur contre l’esprit de lourdeur, lire « Par-delà le bien et le mal ».

Contre la schizophrénie et autres troubles de la personnalité, lire « Le Gai Savoir ».

Enfin pour les soins esthétiques et être superficiel par profondeur, lire « La Naissance de la tragédie ».

Prescription d’Olivier Meyer, animateur de la Nietzsche académie, auteur du « Guide des citations : Nietzsche » aux éditions Pardès, de l’essai « Nietzsche Hyperboréen ou l’école du Surhomme » aux éditions du Lore et du pamphlet nietzschéen « Conversation avec l’éclair » aux éditions Bookelis.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 19:57
Nietzsche raciste ?

"Si l’on ne peut sûrement pas ranger Nietzsche parmi les racistes, il n’en faut pas moins reconnaître que certains concepts de sa philosophie, qui est loin d’être homogène, se rapportent en fait aux prémisses générales de l’idéologie que nous étudions ici. On peut se référer à la « religion nietzschéenne de la vie », qui, au fond, nie le principe transcendant de la personnalité humaine et donne à tout jugement moral, au bien et au mal, une signification et une justification simplement biologiques. Le sens de l’inversion nietzschéenne de toutes les valeurs est celui-ci : depuis des siècles, un ensemble de conceptions morales, sociales et religieuses ont conspiré contre la « vie », en exaltant comme valeur et esprit tout ce qui mortifie et émascule l’instinct, voile ou amoindrit la sensation de la force vitale. Ce sont les valeurs de la « décadence » et du « ressentiment », qui ont été annoncées par les esclaves, les faibles, les déshérités, les parias de la nature et dont ils se sont servis pour saper peu à peu la base sur laquelle, à des époques fortes et saines, reposaient le « surhomme » et le droit du « surhomme », maître des hommes ; et ils ont vaincu. Nietzsche proclame la révolte contre ces « valeurs de la décadence » (dont ferait partie le christianisme), dénonce leur caractère destructeur et pose le critérium biologique comme principe d’un nouveau jugement : seul est vrai, moral, spirituel et beau ce qui confirme, justifie et renforce l’instinct vital, qui, pour lui, trouve sa plus haute expression dans la « volonté de puissance » ; tout ce qui éloigne de la vie, limite, condamne et étouffe la volonté de puissance est faux, immoral, laid et subversif. Si l’on y ajoute que, dans son aspect inférieur, le « surhomme » nietzschéen se présente simplement comme une bête blonde indomptable et conquérante, on doit admettre qu’il y a une convergence entre la philosophie nietzschéenne et une certaine idéologie raciste, et on peut penser que celle-là n’a pas été sans influence sur la formation de celle-ci. En réalité, on peut constater chez Nietzsche une réaction aristocratique faussée par des idées naturalistes et évolutionnistes en vogue à son époque."

Julius Evola, "Le mythe du sang"

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 21:18
Conversation avec l'éclair

"Conversation avec l'éclair" est un pamphlet nietzschéen. Je l'ai écrit pour mes frères en Nietzsche, solitaires et fiers comme l'aigle, en lutte avec le parc humain. C'est un écrit de combat pour sauver l'âme européenne du néant moderne.

"Où donc est l'éclair qui vous lèchera de sa langue ?" a écrit Nietzsche dans "Ainsi parlait Zarathoustra". Mais entre vos mains... Conversation avec l'éclair.

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 13:33
Fort à faire

"Plus tard, j'ai été réveillé par une volée de vociférations au milieu desquelles perçait cette phrase sensée : "La fatigue est le chemin le plus court vers l'égalité et la fraternité..." (C'est plus tard, tandis que je rédigerai ces lignes que je ferai la connexion avec Le Voyageur et son ombre. Je suppose que l'esprit de Nietzsche éducateur avait pénétré le subconscient de Mat pour rejaillir cette nuit-là en étincelantes flammèches.)"

Bruno Favrit, "Fort à faire", éditions Auda Isarn.

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 13:59
Gabriele Adinolfi

Réponses de Gabriele Adinolfi au questionnaire de la Nietzsche académie. Gabriele Adinolfi, essayiste et militant national-révolutionnaire italien, est l’auteur notamment de « Nos belles années de plomb » aux éditions l’Aencre et de « Pensées corsaires » aux éditions du Lore. (http://fr.gabrieleadinolfi.eu/tous-les-livres/)

Nietzsche académie - Quelle importance a Nietzsche pour vous ?
Gabriele Adinolfi - Je ne saurais pas quantifier. Certainement son esprit m'a embrasé dès mon adolescence et son style aussi. Déconstruire pour rebâtir non pas en grammairien mais en poète veut dire parler de l'essence, à l'essence, par l'essence. Et justement cette essence, je dirais à la fois cette âme et cette race, représente la seule opposition existentielle et la seule voie de survie et de régénération pour un homme vivant à cette âge de décadence et de castration.


N.A. - Etre nietzschéen qu'est-ce que cela veut dire ?
G.A. - Je ne sais pas si le terme est exact ni si Nietzche lui-même l'aurait apprécié. Disons que cela signifie être vir, être grec, être germain, être indo-européen dans le grain ancestral duquel surgit toute civilisation réelle, qu'elle soit spartiate, romaine ou viking. C'est le retour au basic, au gène, à l'ADN "sauvage" de l'homme qui ne se laisse pas traîner comme une brebis dans un troupeau, en somme de celui qui n'est pas le "dernier homme" zarathoustrien et ne supporte pas de s'accommoder à son style de vie, mieux : à sa totale absence de style. Il signifie se mettre en face de soi-même soumis à son propre jugement, qui ne doit jamais être indulgent ni moral, mais beaucoup plus fort, plus ancien, plus innovant et plus solide que cela. Ceux qui croient que l'idée d' "être au-delà du bien et du mal" signifie être libres de faire ce que l'on désire se trompent largement. Il faut que chacun qui peut, fasse ce qu'il veut. Mais il ne peut pas vouloir quelque chose qui ne soit pas forte et dans une certaine façon juste en soi, autrement il ne s'agirait plus d'un vouloir mais d'un caprice.
L'anarque, qui est nietzchéen, n'a rien à voir avec l'anarquiste comme l'a si bien souligné Ernst Jünger.


N.A. - Quel livre de Nietzsche recommanderiez-vous?
G.A. - Mon livre de chevet est "Ainsi parlait Zarathoustra"


N.A. - Le nietzschéisme est-il de droite ou de gauche?
G.A. - Evidemment ni l'un ni l'autre. C'est une entreprise bien difficile de définir ce qu'est la droite et ce qu'est la gauche.
Bien sûr, si nous parlons de l'eschatologie gauchiste, si semblable à celui du clergé, Nietzsche s'y trouve aux antipodes. Si on pense plutôt à l'optimisme vitaliste qui se retrouve plus à gauche qu'à droite, bien que de façon mièvre, on peut dire alors que la gauche est plus nietzschéenne que la droite, ou du moins elle le fut dans le passé, je pense notamment à Jack London et à d'autres essors de le marier avec Marx dans un élan révolutionnaire.
Quant à la droite, si nous parlons de l'individualisme qui la caractérise, on ne doit pas se méprendre, ce n'est pas du tout le même que le nietzschéen, ni la prétendue défense des valeurs, qui est un refrain continu de la droite, n’est compatible avec celui qui comprit bien avant les autres qu'il ne faut pas en défendre mais en fonder des nouvelles. Par contre le pessimisme dans l'homme et dans le progrès rapprochent les gens de droite à la pensée nietzschéenne qui, en tout cas, est bien au-delà de ces catégories et plutôt annonce en quelque sorte l' "anarque" jungérien, ce qui n'est pas une figure si lointaine des squadristi et des corps-francs.


N.A. - Quels auteurs sont à vos yeux nietzschéens ?
G.A. - Je ne suis pas en mesure d'en faire une liste. Evidemment, mis à part London, j'ajouterais Mussolini qui fut aussi auteur littéraire mais surtout l'auteur d'un chef d'oeuvre de la vie, de la société, de l'histoire et de la pensée.
J'ajoute Jünger qui me paraît une incarnation de Nietzsche et dont certains ouvrages, "Le Travailleur" et "Le traité du rebelle" dessinent un vrai manifeste nietzschéen.
Mais Julius Evola, dans sa critique constructive à Nietzsche qu'il voit privé de transcendance, ce qui à mon avis n'est pas tout à fait vrai, complète à mon égard le cadre en fondant l'anarque et la tradition ancestrale, qu'on ne doit jamais confondre avec les "traditionnalismes" bourgeois et religieux qui auraient effaré le Poète.
"Chevaucher le tigre" est d'après moi le manifeste nietzschéen le plus parfait existant jusqu'à aujourd'hui.


N.A. - Pourriez-vous donner une définition du surhomme ?
G.A. - Pas vraiment une définition. Son croquis je le résume dans les "métamorphoses de l'esprit". Il doit être solide, discipliné, costaud comme le chameau, courageux, solitaire et rugissant comme le lion, innocent, simple et souriant comme l'enfant. Il doit appartenir à la nouvelle noblesse qui sera pauvre mais richissime car elle ne sera aucunement dépendante des nécessités du dernier homme.

N.A. - Votre citation favorite de Nietzsche ?
G.A. - "De tout ce qui est écrit, je n’aime que ce que l’on écrit avec son propre sang. Écris avec du sang et tu apprendras que le sang est esprit."

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