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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 20:46
Pierre Vial

Réponses au questionnaire de la Nietzsche académie de Pierre Vial, président de l'association Terre et peuple, ancien enseignant d'histoire médiévale à Lyon III, auteur de la préface d'"Ainsi parlait Zarathoustra" traduction et commentaires de Robert Dun aux éditions A.H.E.

Nietzsche Académie - Quelle importance a Nietzsche pour vous?

Pierre Vial - Il est tout simplement le meilleur guide de vie.

N.A. - Quel livre de Nietzsche recommanderiez-vous?
P.V. - Ainsi parlait Zarathoustra.

N.A. - Etre nietzschéen, qu'est-ce que cela veut dire?
P.V. - Avoir le souci permanent de devenir ce que l'on est.

N.A. - Le nietzschéisme est-il de droite ou de gauche?
P.V. - Cette question aurait certainement fait beaucoup rire Nietzsche.

N.A. - Quels auteurs sont nietzschéens?
P.V. - Tous ceux qui sont en marche vers les hauts sommets.

N.A. - Pourriez-vous donner une définition du Surhomme?
P.V. - Un tel symbole ne s'enferme pas dans une définition.

N.A. - Votre citation favorite de Nietzsche?
P.V. - "Est-ce au bonheur que j'aspire ? Ce à quoi j'aspire c'est mon oeuvre" (Ainsi parlait Zarathoustra).

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:19
Entretien avec Nietzsche

Entretien exclusif avec Friedrich Nietzsche dont les réponses sont tirées de son livre testament Ecce Homo dans lequel le philosophe a pris soin de décrypter son oeuvre, ses intentions et son identité en prévision des mésinterprétations possibles à venir. Après un siècle de mystifications, Nietzsche revient pour s’expliquer :


Nietzsche Académie - Pourquoi prenez-vous la parole ?
Friedrich Nietzsche - Parce que la grandeur de ma tâche et la petitesse de mes contemporains ont créé une disproportion qui les a empêchés de m’entendre et même de m’entrevoir. Dans ces conditions j’ai un devoir, celui de dire : Ecoutez-moi, car je suis un tel. Et n’allez surtout pas confondre.

NA - Très bien, alors qui êtes-vous M. Nietzsche ?
FN - Je ne suis nullement, par exemple, un croque-mitaine, un monstre moral, - je suis même, de par nature, à l’antipode du genre d’hommes qu’on a vénérés jusqu’ici comme vertueux. Il me semble, entre nous, que c’est justement ce qui me fait honneur. Je suis un disciple du philosophe Dionysos. J’aimerais mieux à la rigueur être un satyre qu’être un saint.

NA - Quel est votre but ? Améliorer l’humanité ?
FN - « Améliorer » l’humanité serait la dernière des choses que j’irais jamais promettre. Je n’érige pas de nouvelles « idoles ». Les renverser (et j’appelle idole tout idéal), voilà bien plutôt mon affaire. On a dépouillé la réalité de sa valeur, de son sens et de sa véracité en forgeant un monde idéal à coups de mensonges... Le « monde de la vérité » et le « monde de l’apparence »... je les appelle en bon français le monde du mensonge et la réalité...L’idéal n’a cessé de mentir en jetant l’anathème sur la réalité, et l’humanité elle-même, pénétrée de ce mensonge jusqu’aux moelles, s’en est trouvée faussée et falsifiée dans ses plus profonds instincts, elle en est allée jusqu’à adorer les valeurs opposées aux seules qui lui eussent garanti la prospérité, l’avenir, le droit suprême au lendemain.

NA - Quelle est votre philosophie ?
FN - Philosopher, comme je l’ai toujours entendu et pratiqué jusqu’ici, c’est vivre volontairement sur la glace et les cimes, à la recherche de tout ce qui est surprise et problème dans la vie, de tout ce qui, jusqu’à présent, a été tenu au ban par la morale. Combien un esprit supporte-t-il de vérité, combien en ose-t-il ? Voilà le critérium qui m’a servi de plus en plus pour mesurer exactement les valeurs.

NA - Et quelle est cette vérité ?
FN - Tout ce qui s’appelait « Vérité » jusqu’ici a été reconnu pour la forme la plus nuisible, la plus perfide, la plus sournoise du mensonge ; on a soulevé le voile du prétexte sacré, l’ « amélioration » de l’humanité, et on a découvert une ruse pour anémier la vie à mort, pour l’épuiser en lui suçant le sang. Avec la notion de l’homme bon, on a pris parti pour les faibles, les infirmes, les ratés, les gens malades d’eux-mêmes et tout ce qui doit disparaître ! On a contrecarré la loi de la sélection, on a fait un idéal de s’opposer à l’homme fier et bien venu, à l’homme qui dit « oui », qui est sûr du lendemain et qui garantit l’avenir – on a fait de lui le méchant... Et on a cru à tout cela ! Et on l’a appelé morale ! – Ecrasez l’infâme !

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 21:22

Heidegger.jpg"Le malheur voulut que tous les "nietzschéens" français, généralement acquis à la cause de Heidegger, s'engouffrassent comme un seul homme dans cette brèche ouverte par Heidegger - trou littéralement béant puisque tout propos nietzschéen en était biffé - et en adoptassent d'emblée le magistral contresens. Asinus asinum fricat, entre faussaires on se comprend. C'est ainsi qu'on vit, à partir des années 1960, s'affirmer petit à petit le profil étrange d'un Nietzsche "de gauche" (...)".

 

Clément Rosset, "Nietzsche infréquentable ou mal fréquenté ? ", in "L'Imbécile", numéro 1, avril 2004.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 16:05

Nietzsche187a1"La volonté de puissance, c'est la volonté de puissance ! Inutile de jouer sur les mots, comme le font les intellectuels efféminés. C'est la volonté de survivre, de dominer et de vaincre, la loi fondatrice de toute vie. (...) Tous ces crachoteurs philosophards, qui tentent de détourner Nietzsche (comme ils ont détourné Céline et d'autres), nous expliquent, avec la classique posture d'imposteurs, qu'au fond le Surhomme n'est pas le Dominateur, mais le "penseur" qui domine son "empire intérieur", bref, une sorte de moine, d'ascète mondain, mais surtout pas un guerrier ! Biaiseries d'exégètes travestisseurs. Mais lisons clairement Nietzsche, sans ces pas-de-menuet de petits maîtres interprétateurs terrorisés par l'idéologie dominante. Il a dit ce qu'il a dit, et pas le contraire. La théorie du Surhomme et de la volonté de puissance est bien à prendre au premier degré. Méfions-nous de ces neutralisateurs, qui "interprètent" tous les grands auteurs européens, les aseptisent, les relisent selon une grille politiquement correcte (au "deuxième degré"), faute de pouvoir les censurer."

 

Guillaume Faye, "Avant-guerre", éd. L'Aencre, 2002.

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 16:52

Nietzsche versus Superman"Le surhomme n’est pas un personnage de fiction. Pour paraphraser Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra, le surhomme est le sens de la terre. C’est pourquoi Nietzsche, par la voix de Zarathoustra, interpelle le lecteur qu’il appelle mon frère et lui demande de rester fidèle à la terre. Il met en garde contre les prêcheurs d’arrière monde, le monde des nuées où prospère les faux monnayeurs. Le surhomme est une réalité, un homme au-dessus du troupeau, ici et maintenant, pas une fiction, un personnage de comics book à la superman, fiction compensatrice du complexe de frustration du dernier homme qui se ment à lui-même et se rêve plus grand qu’il ne l’est. Non le surhomme, c’est d’abord, à l’image de Dionysos, le dieu grec du vin, une réalité organique, enracinée dans le vivant, tirant sa force de ses instincts, de son corps comme la vigne de ses racines. Le surhomme est un pur sang et son esprit vif-argent est la manifestation de cette grande santé tant il est vrai, comme le souligne Nietzsche, que le sang est esprit. Il est l’homme de l’Eternel retour, comme la vigne qui meurt l’hiver et renaît au printemps, celui qui dit oui à la vie."

 

Olivier Meyer, "Nietzsche Hyperboréen ou l'école du Surhomme", éditions du Lore, 2011 : link

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 20:11

Bataille.jpg"Nietzsche s'adressait à des esprits libres, incapables de se laisser utiliser."

 

Georges Bataille, "Acéphale", n°2, 1937. 

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 16:18

Nietzsche-par-Olivier-Carre.jpgNaissance il y a 170 ans le 15 octobre 1844 à Röcken en Prusse de Friedrich Nietzsche.

 

 

"Certains naissent posthumes."

 

Nietzsche in L'Antéchrist

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 19:27

Gide.jpg"Et ce que j'aime surtout en Nietzsche, c'est sa haine de la fiction."

André Gide in "Journal. Une anthologie", Paris, Gallimard (Folio), 1951.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 18:39

Bruno FavritRéponses de l'écrivain nietzschéen Bruno Favrit (link) au questionnaire de la Nietzsche académie. Bruno Favrit est l'auteur d'une biographie sur Nietzsche aux éditions Pardès (2002).

 

Nietzsche Académie - Quelle importance a Nietzsche pour vous ?
Bruno Favrit - A quinze ans, j'ai découvert ''Ainsi parlait Zarathoustra'' et j'ai senti toute la puissance qui se tenait dans ces pages. Bien entendu, l'adolescent est plus prompt à s'enthousiasmer du moins je veux encore y croire, dans ce monde où la culture se traduit par une offre débridée et quasi illimitée dont la qualité n'est pas la partie émergente. Mais le signe que Nietzsche est une valeur sûre, c'est que trente ans après, je peux le retrouver avec le même étonnement, les mêmes battements de cœur. Je ne peux en dire autant d'auteurs qui ont illuminé ma jeunesse mais qui ont depuis nettement perdu leur pouvoir.

 

N.A. - Quel livre de Nietzsche recommanderiez-vous ?
B.F. - ''Le Crépuscule des idoles'' me semble une bonne entrée en matière. D'ailleurs, dans ''Ecce homo'', à propos de ce livre, Nietzsche a cette confidence : « C'est une exception parmi mes livres. Il n'y en a pas de plus substantiel, de plus indépendant, de plus révolutionnaire, de plus méchant [...] qu'on commence par lire cet écrit.». Et, contrairement à ce que j'ai fait, il faudrait presque terminer par le ''Zarathoustra''. Car il est formidablement crypté et il convient d'avoir côtoyé Nietzsche pour en goûter toute la substance hauturière. Entre ces deux, il ne faudrait rien négliger. On doit savoir que ses livres ont été composés sans véritable espoir qu'ils passent avant longtemps à la postérité. Conscient qu'il ne s'adressait qu'à une minorité, Nietzsche, qui a fini par s'éditer à compte d'auteur, ne s'est pas découragé, même s'il a quelquefois songé à s'orienter vers la poésie ou la musique. Je pense qu'il était conscient de la puissance de ses écrits. Il croyait en lui. Tout l'avantage de sa pensée est dans ce qu'il n'eut pas à la diluer pour complaire à un éditeur, aux critiques ou à un cénacle.

 

N.A. - Être nietzschéen, qu'est-ce que cela veut dire ?
B.F. - D'abord apprendre à penser par soi-même. Se doter d'une certaine forme de misanthropie  en tout cas ne point trop s'illusionner sur l'homme. Ensuite, s'obliger à affronter l'adversité et la bêtise sans se laisser étouffer par trop de compassion. C'est déjà beaucoup. Quand j'ai publié ma biographie sur Nietzsche, on m'a reproché d'en avoir restitué une image païenne. Mais je ne vois pas comment j'aurais pu en faire une autre lecture. Il encourageait la danse, la divagation sur les sommets en compagnie des ménades. Quant au Galiléen... on sait bien ce qu'il en pensait.

 

N.A. - Le nietzschéisme est-il de droite ou de gauche ?
B.F. - Je pourrais me défiler en disant qu'il n'appartient à aucune idéologie mais il faut tout de même noter que Nietzsche goûtait peu les ''socialistes'' qui montraient, selon lui, de profondes similitudes avec les chrétiens. Son attitude essentiellement aristocratique ne devrait pas nous faire penser que, s'il revenait en ce monde, il prendrait le parti de ceux qui ont renoncé à défendre les ouvriers pour se consacrer aux exclus, aux malades, brefs à ceux qu'ils ont tellement assistés et pommadés qu'ils ont tué en eux toute velléité de résistance. Si Nietzsche a pu être ''de gauche'', il y a bien longtemps.

 

N.A. - Quels auteurs sont nietzschéens ?
B.F. - Je vais certainement en oublier. Mais il me semble évident que des figures comme Montherlant ou Drieu lui doivent énormément. Cioran, est son fils spirituel. A l'étranger : Hamsun, Pessoa, Jünger, Henry Miller, Mishima... Quant à dénicher d'authentiques nietzschéens en ce début de siècle, c'est bien difficile. Peut-être Naipaul, Gòmez Dàvila et, par chez nous, le sociologue Michel Maffesoli qui prédit le retour de Dionysos. En revanche, si le nietzschéisme d'Onfray n'est pas une imposture, cela y ressemble fort.

 

N.A. - Pourriez-vous donner une définition du Surhomme ?
B.F. - Les spécialistes n'ont pas fini de soupeser et de se prononcer sur cette notion. Il suffit pourtant de lire le Zarathoustra, même si son aspect parabolique peut dérouter. Le Surhomme, c'est celui qui vient se mettre au contact des hommes ceux de la place du marché  et qui, effrayé par tant d'inanité, s'en retourne sur les hauteurs. Il peut s'agir aussi de Dionysos reconceptualisé et infiniment libre et libéré si l'on conserve la majuscule. Pour moi, plus ''trivialement'', le surhomme est déjà celui qui sait « conserver la joie d'être son propre maître » (pour reprendre une formule de ''Humain, trop humain''). Lorsque l'ermite de Sils Maria écrit « mes livres ne parlent que de victoires remportées sur moi-même », il participe de sa tentative de s'ériger en surhomme. A ce sujet, je me suis fait cette réflexion : Nietzsche a été malade la majeure partie de sa vie au point qu'il a dû s'arrêter d'enseigner. Ce qui ne l'a pas empêché de donner par la suite une tonifiante leçon de vie et de grande santé à ses semblables. Comme quoi la maladie a du bon lorsqu'elle frappe des ''surhommes''. Il est préférable pour nous que le père de ''Zarathoustra'' ait éduqué le monde plutôt que la centaine d'étudiants de l'université de Bâle.

 

N.A. - Votre citation favorite de Nietzsche ?
B.F. - « Qui n'est pas un oiseau ne doit pas se risquer au-dessus des abîmes. » (Zarathoustra II - Des sages célèbres.)

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 09:54
"Vous devez chercher votre ennemi et faire votre guerre, une guerre pour vos pensées ! Et si votre pensée succombe, votre loyauté doit néanmoins crier victoire !
Vous devez aimer la paix comme un moyen de guerres nouvelles. Et la courte paix plus que la longue.
Je ne vous conseille pas le travail, mais la lutte. Je ne vous conseille pas la paix, mais la victoire. Que votre travail soit une lutte, que votre paix soit une victoire !"

Nietzsche in "Ainsi parlait Zarathoustra" - De la guerre et des guerriers
 

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